331i LA. REVUE SOCl.\LlSTE !ntégrnl. Comme il résume fort bien l'œuvre j'en donne la partie principale: Cet OUVl'llge, dù à une plume éloquente et pCl'Suasivc, !'enfcnne, dit i\l. Snell, l'exposé du système de Benoit i\lalon, - système qui ne ressemble en l'ien, on le ve!'ra du !'este, & celui d'un Proudhon ou d'un Lassalle. Et tout d'abord, quelques mots sm· l'auteur lui-mème. Benoit i\lalon est un enfant du peuple; comme tel, il a eu l'occllsion d'observer de près, dès son enfance, la situation des ouvriel's, et il a pu se convaincre que •la société actuP-lle les opprime et les écrnse. Aussi s'est-il promis de protest.er, tant qu'il vivrait, contre cette ty1·annie. Penseur p1·ofond et hardi, il a csrnyé d'cxposel' un plan de réorganisation sociale; ce plan a f:lit souri1·c quelques-uns, a enthousiasmé quelques autres, et laisse indifférents la plupart. D'aucuns voient en Benoit i\Ialon un démagogue violent; d'autres un homme tout à fait inoffensif. Que si pourtant on lit le Socialisme Intégral, on se convaint sans 1:ieineque l\Ialon, loin d'être un esprit timide et inconséquent, est au contrnire sù1· de ses idées, et très décidé à les faire triompher. Le monde actuel lui parait un monde dïnfàmies et de Cl'uautés; la concorde ne !'ègnc nulle part; partout la force pl'ime le droit; l'injustice habite en souveraine sui· la ter1·c; en un mot la situation est navrante. ~Jais Benoit Malon est un optimiste, et il nous assure que la justil!e, l'ha1·monie, la solidarité viendront bientôt déti·ônel' la haine, la misère et l'iniquité, et régénérc1· ainsi la face du monde. Fiat voluntas tua! Deux états ont caracté!'isé jusqu'ici, selon i\Ialon, l'histoire de la ciYilisation : Je paganisme et le chl'istianisme. Eh bien, le christiani,-,mc doit disparaHre à son tour pour faire place au sociali::;me intégral. L'éYolution du monde au1·a dès lors atteint son but, et l'on pourra ùiYiSCI' Îa civilisation humaine en trois périodes bien distinctes les unes des autres: l!!- civili.-ation païenne, la civilisation chrétienne et la civili~:ttion sociale. Comprend-on maintenant la portée des idées de i\Ialon '? Il ne s'agit de 1·ienmoins que de t1·ansfo1·m(:'r le monde, ses lois et ses institutions. et d'en modifier les éléments. J'entends pa1· éléments: la Religion, la Famille. la P1·opriclté et l'Etat « qùi revètent SUCCèSSivcm(;nLt ies formes diverses » et qui (\ se modific11t simultanément à chaque développement important de la ciYilisation. >l Et, en effet, la Religion est rnaintenant monothéiste, comme elle était autrefois fétichiste et polythéiste. Or, le monothéisme rencontre actuellement plus d'un aclversai1·e, d'où Malon en conclut que la civilisation va entl'er bientôt dans une période nou\'ellc. - La mème évolution est sur Je point de s·accornplir dans la Famille. Le temps des mœur!'; patriarcales et <le la polygamie est passé ; mais la forme pharisaïq uc C:ela Famille - telle qu'elle existe actuellement - ne saurait dc111eu1·c1in· définiment. Une transformation s'impose parce que la femme est opprimPc, dans nott·e société contemporaine, et parce que les droits de l'enfant sont absolument méconnus d'elle. Mème évolution dans la Propriété. A l'origine, les sociétés vivaient sous le régime du communisme, puis c'est la propriété « individuelle ii consacrée pa1·le droit romain, qui l'a 1·emplacé, et qui est elle-mème destinée à di!'.pa1·aitre un jour. << Aussi l'antagonisme, dit ~Jalon, se fait-il plus terrible chaque joui· entre le capital et le trnvail, celui-ci écrasé par celui-là, jusqu'à. cc qu'il se révolte enfin, et établisse Jedroit social de p1·op1·iété: la tcne et les instruments <le travail à tous, à chacun selon sa production. i> Ainsi nôtre écrirnin ne "eut pas la ùestrnction p1·oprement dite de la Religion, de la Famille, de l'Etat et de la Propriété, mais bien leur transfol'- mation, transformation que le cc cycle nouveau ,, ne pourra manquer d'en-
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==