DES SERVICES COi\L\IUNA UX 29 ces ehambres sont noirs· ile la crasse qui s'y est accun111lee pendant des années: la soi-disant fenètre est bouchêe par drs haillons ou condamnée par des planches pour parer au vent et ù la pluie. Les maisons elles-mêmes sont clans un si pitoyable état qu·on croirait qu'elles devraient s·ahattre sur les têtes de leurs habitants au premier conp de vent. En ·fait de mobilier, on trouve quelquefois dans les chambres, grandes de 8 mètres carrés à peine, en règle générale, une chaise boiteuse, des restes d'un bois de lit, le fragment d'une table, plus souvent des planches mises sur des briques pour reruplacer ces meubles à peu près indispensables, ou seulement des décombres et des haillons amon,~elés. « Chacune de ces chambres sales et fétides sert d'habitation à une on deux familles. Un inspecteur a découvert dans une cave une famille, père, mère, trois enfants et quatre cochons. Un missiounaire trouva, dans une de ses excursions, dans une chambre, un homme malade de la petite vérole, sa Jemme qui venait de se relever de ses huitièmes couches et les septs enfants demi-nus; dans une cave sept personnes et un enfant mort (1). « L'antre d'une bête sauvage, ajoute ~I. Mearns, est plus confortable et plus sain. Dans ces tauùb infects grouillent des essaims de malheurrux, plongés da11s une ,saleté indicible, au milieu de la vermine, privés d'air respirable, car les toits mêmes sont chargés de détritus immondes. Dans des chambres de huit pieds carrés en moyenne logent des familles do quatre, six et jusqu'à dix personnes entassées là sans lit., sans aucun meuble 1 Et cependant le loyer de ces inf.1mes garnis est d'un prix excessif: dans le quartir·r de Collie?•'s-1·ents une pareille chambre coûte de 3 sch. 6 den. à 4 seh., soit de 4 fr. 35 c. ~L 5 fr. par semaine. Le simple droit de dormir sur le plancher est payé par un ménage 3 fr. 10 c. par semaine. Mais la plupart de ces pauvres de Londres couchent. dans d'infects dortoirs où ils sont empilés par 60 ou 80, au prix de 20 cent. par personne et par nuit >i. Après avoir éloquemment signalé le mal et flétri la rapacité des propriétaires exploiteurs de la misère londonnienne, le courageux missionnaire estime qu'aux pouvoirs publics, qui seuls en out les moyens, il incombe avant tout de faire justic~ de cet abominable trafic et de pourvoir au logement des pauvres. La conclusion est irréprochable. (1) The Bitter Cry by of Outcast London; an Inquiry into the condition of the abject Poor, London 1883. - Voir encore : llow the Poor live, by George R. Sims, London 1883.
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