28 LA REVUE SOCIALISTE gères do la:maison; ce:::p;lombs encombrés déversant leurs odeurs dans les escaliers, ces cabinets d'aisance servant parfois à plus de 100 locataires et disposés d'une façon « aussi incompatible avec la décence qu'avec la salubrité 1,, l'eau, enfin, faisant partout défaut, aussi bien pour satisfaire « aux exigences de la pL'opreté la plus rudimentaire chez les habitants que pour assurer la salnbrité des immeubles.:» Sans doute, nous sommes ici au dernier degré de la misère, dans des logements occupés pour 1 fr. ou l fr. 25 par semaine ; mais rien ne légitime de pareilles conditions d'existence, et l'intervention de l'autorité est suffisamment justifiée lorsqu'on voit, comme à Roubaix, des garnis appelés ateliers, occupés successiment par deux escouades d'ouvriers, couchant dans les mêmes lits, les uns pendant le jour, les autres pendant la nuit, - (( sans que le matériel en soit changé » (1). Avec toutes ses misères, la France est un pays d'aisance relative; dans les autres pays la question des logements ne se pose pas moins douloureusement. Nous ne citerons que quelques faits, laissant au lecteur le soin de généraliser. • Voici tout d'abord une note décisive pubhée par le missionnaire Mearns dans une brochure justement célèbre (Bitter Cry by of Outcast Lonclon) (2). « Ceux qui liront ces lignes pourront 1:i. peine se faire une idée de ces réduits empestés dans lesquels sont entassés des dizaines de milliers d'ètres humains et où ils vivent au milieu d'horreurs qui rappellent le pont d'un navire faisaut la traite. Pour pénétrer dans.ces refnges do la misère, il faut traverser des cours saturées d'émanations fétides et malsaines venant <les bourbiers et des tas d'ordures dont ils sont remplis 0t qu'on peut à peine éviter ; des cours dans lesquelles no pénètre jamais un rayon de soleil ni un courant d'air frais, et qu'on ne nettoie presque jamais. Il faut monter des escaliers en ruine qui menace11t de s'abattre à chaque pas et qui ~ontrent ça et là de grands trous qui mett0nt en danger les membres et la vie de ceux qui s'y aventurent. Il faut cherche1~son chemin par ùes corridors obscurs et couverts de vermine. Si l'on ne se laisse pas repousser par les odeurs insupportables, on arrive enfin dans ces trous où sont entassés des milliers d'êtres pour lesquels Jésus-Christ est mort comme pour nous. Les murs de (1) J. Lœsewitz : Opei-a ci tata. (2) Nous empruntons la traduction de M. Lœscwitz, dans l'Association catholique.
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