La Revue socialiste - 1891 - Tome XIV - vol 02

31G L.\ RE\"UE SOCIALISTE l'attention du mi11istr0 sur la néces ité de p1·endre des mesures pour empi·cher les nombreuses catastrophes amenées par rles 11otai1·escoupaùles cl'alJus de confiance et d'esc,·oquerie: quïl y a eu enquête englobant les chambres de disciplin<' des avoués et Ll0shuis iers, \'i::és aus. i par de nombreuses plaintes; et qu'il serait question de transporte1· aux parquets les attributions des chambres de disdpline. Un couranL d'opinions se forme donc dans le sens des vues que j'ai indiquées; je le constate et j'en suis satisfait. Je dirai encore que les chambres de discipline ont un 1·ouage inutile; elles ne rendent aucun service ; les colonies s·en pas ·e11t fort bien. Lenr composition, du reste, n'est qu'une affaire de coterie entre les notaires: rien n'y e·t sérieux. Le personnel qu'emploie le mi11istèrc de la justice, dans tous ses cadres, et recevant un salaire, soit du trésor public, soit des plaideurs et des familles, s'élèYe à plus de cinq cent cinquante mille, et avec leurs familles, à plus de centcinquante mille, chiffre dépassanL celui de l'armée en temps de paix. C'est effrayant. Toutes le:; fonctio11squi occupent cc formidable per. onnel, ain i que toutes les fonctions gouYernemcntalcs, ont d'orclre secondaire, comme improductives; elles ne présentent pas l'intérèt et le besoin direct de l'agriculture et de l'industrie, sans lesquelles une nation n'existerait pas; elles sont mi-me au-dcsous de la culture des arts qui embelliss0nt la vie. Des peupl0s ont Yécu et vivent encore, qui n'ont pas eu et n'ont pas tous ces illipe(limeJ/la; il s'en sont trouvé et ils s·en trouvent bie11. Leur réduction s'impose, et s'imposera surtout dans l'avenir, quand les sociétés future auront rompu avec les traditions du passé, anc notre éducation criminelle eL de serre-chaude, nos lois romaines, nos erreurs historiques, nos hypocrisies et nos égoïsmes, qui compliquent l'existence sans la rendre meilleure, et portent le trouble entre les hommes et les familles, en .r semant la di vision. Que si on me reproche de vouloir augmenter le nombre des fouctionnaires salariés de l'Etat, en adjoignant les notaires à ceux-ci, je répondrai qu'il est facile de rétablit' la balance: que l'on fasse des coupes sombres dans la forêt des budgétivores, dont la majorité ne se compose que de parasites, et dont on a payé, pour un grand nombre, aux dépens de contribuables et des travailleurs, tous les services plus ou moins avouables. Si la France n'avait pas une dette insensée, combien encore elle pourrait se débarrasser de lourds fardeaux; l'Etat paie, en intérHs annuels, une somme de quinze cent millions de francs, et les denx services de l'enregistrement et des contributions

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