LES DESSOUS DU KOTARlAT 3lî directes ne produisent pas ce chiffre annuellement; sans cette dette, l'Etat pourrait supprimer 0es deux services, qui pèsent si lourdement sur la pt·opriété immobilière et l'agriculture, et remercier leurs nombreux personnels. Et combien de fonctions, à l'ex0mple de l'Angleterre, pourraient n'être occupées qne par honneur et esprit de dévouement: ce sont celles qu'on remplit le mieux. Arrivé à la fin de ce modeste opuscule, je m'adresse aux hommes qui exercent la profession d0 notaire, et je leur tiens ce langage: . Je vous divise en deux catégories: L'une renferme les faiseurs; ce ne sont pas des no!,aires, mais des fabricants d'actes à tort et. à travers, trompant sur la marchan<lise qu'ils écoulent, comme un industriel de mauvaise foi trompe sur le poids et la qualité de la sienne. L'exercice du notariat, comme l'instruction, est nnc arme à deux tranchants; elle peut faire beaucoup de bien ou beaucoup de mal; le tout dépend de la manière de s'en servir. Je ne m'occuperai pas de ceux-ci, et je dédaignerai leurs critiques; ils ne voudront jamais de changements dans une organisation_ qui est, pour eux, une aussi bonne vache à lait. L'autre contient ceux qui exercent leur profession, sinon par esprit de dévouement, - on ne peut demander l'impossible en l'état pr{•sent - du moins avec tous les ménagements et les scrupules désirables: 1!eux-ci pourront discnter le détail de mon travail. que je ne donne pas comme parfaiL, mais ils approuveront mes vues d'ensemble, et reconnaitront que j'ai fait un peu la lumière sur mon sujet. J'en ai la conviction, et c'est la seule satisfaction que je désire. A. SILVESTRE. Paris, Juin 1880. •
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