202 L.\ REVUE SOCIALISTE stationnaires et se baisser malgré les accapareurs dont nous parlerons plus loin. Comme autre cause efficiente, la baisse pos~ible du prix du paill, M. Lerny-Beaulieu i11diqnait il y a quelques années une baisse forcée du prix des farines dus aux progrès mécaniques do la meunerie. De.-;mercuriales qu'il reproduisait, il résultait que do 1856 à 1881 le prix de la mouture avait baissé dans une proporLion de 8 à 12 pour cent et que le prélèvement qu'elle opérait maintenant sur le prix dn pain n'était plus que de 3 centimes le kilogramme. Daus ces conditions (1), concluait très ration;101lement le professeur du Collège do France, avec dos approvisionnements do blé do plus en plus a$sur6s à des cours constants et mod.érés, av0c un prix décroissant do la mouture, il semblerait quo le pain dùt baisser, tandis quo, au contraire, il no suit plus exactement les variations du blé et do la farine, et il a une tendance à hausser $ans cesse. Dans la période de 1823 à 18-12, le prix d'trn kilogramme do pain restait toujours an dessous du prix d'uu kilogramme do farine, le pain contenant une notable quantité d'eau. L'écart en moins éLait assez généralement de 7 à 8 ¼. Dans la période do 1813 à 1862 le prix du kilogramme de pain est encore inférieur à celui du kilogramme do farine, mais dans une proportion, en général, un pou moindre. Au contraire, depuis 1803, le prix du pain dépasse celui de la farine. Il est aujourd'hui beaucoup plus 1610 à 1620, il en est de même. De 1650 à 165Z, et d,; 1661 à 1663, l'hectolitre vaut 30, 3;; et 40 fr. auprès de Paris. à Rozoy-en-Brie, notamment, tandis que su,· les bords du Rhin, il ne dépasse pas 7 ou 8 fr. En sens inverse, l'annèe 1623 voit l'Alsace payer le blé quatre fois le prix qu'on le paie à Paris. Cc n'était pas lâ u:ie conséquence tirée de la difforence de nationalité; en eflct, apres la réunion de Strasbourg a la France en lGSl, l'on trouve encore des différences considërables: 100 % en 169:3, en 1699, de 300 % en 1710 ! Ce n'etait pas seulement de marche a ma1·chè que se produisaient les divergences du cours, mais encore d'année à année. Ces lluctuations étaient fréquentes, 3oudaines et brusques dans leur venue, prolon<les dans leurs elîcts, elles étaient de celles où aucun remède ne pouvait être apporté ... A Vierzon, pa1· exemple, l'absence de tout débouche et dP. tout moyen de communication amenait des écarts énormes d'une année à l'autre. Voici, d'aprés les mercuriales de cette Yille, quelle fut la différence de prix des principales céréales entre deux années successives : Froment..... fr. 18.21 35.20 Méteil. .. .. .. 15.ï7 :H.55 8eigle....... 13.35 30.35 Avoine...... 14.35 26.!.16 Blé noir..... S.a0 lï.00 (A. Raffalowitch, dans !'Economiste français du 18 Avril lô91.) (1) Leroy-Beaulieu : loco citato.
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==