DES SERVICES CO~li\!UXAUX :20 l somme, approvisionnement assuré, régularité des prix, tels furent les effets do la Caisse de la boulangerie partout où clic fonctionna. ,Rien ne faisait prévoir que le pouvoir pourrait être assez aveugle pour abolir cette fondation tutMaire. C'est pourtant ce que fit le gouvernement de Louis Bonaparte en 1863. Les résultats de cette mesure néfaste ne se firent pas longtemps attendre, et la fameuse liberté de la boulangerie ouvrit l'ère de la cherté du pain, juste au moment où la baisse constante du prix du blé pouvait faire prévoir une diminution. Il y eut des abus si criants que même les économistes s'émurent dans l' Economiste français d 11 1 î février 1883 ; on trouve une lettre de Th. Armengaud contenant cc passage: « Vous pourrez constater, en effet, que depuis la liberté du commerce de la boulangerie, le prix du pain, loin de suivre les règles économiques n'a fait qu'augmenter. Lorsque le cultivateur et le meunier ont tant de peine aujourd'hui à soutenir la concurrence étrangère, la boulangerie bénéficie scnle des avantages que lui procnre cette concurrence, sans en faire profiter le consommateur, qui attribue toujours le haut prix du pain à celui de la farine et du blé l>. Après avoir signalé la majoration des prix imposés par les boulangers aux dépens du public, M. Amengaud con3tatait «que la boulangerie n'a fait aucun progrès sous le rapport des procédés mécaniques et que de toutes. les branches dïndustrie, c'est . celle qui jusqu'ici est rest(,~ la plus en arrière». M. LeroyBeaulieu confirma les dires de M. Armcng-aud par les lignes suivantes: «Le pain à Paris, depuis 1863, se· vend presque régulièrement de 3 à 5 centimes plus cher le l'lilograrnrne qu'avant l'abolition de la taxe. En supposant le prix de la farine identique aux deux époques. L'écart va toujours en augrnentant, et, depuis deux ou trois ans, il est pt·esque toujours de 5 centimes, soit de 12 ¾ environ du prix moyen du pain. Or, comme nous avons vu qu'une famille d'ouvriers avec enfants consomme de 250 à 500 francs de pain par an, on voit que le renchérissement opéré dans ees dernières années, du fait seul de la boulangerie, représente 30 à. 60 francs annuelle par ménage de travailleurs manuels (1). • Il est à. signaler, en effet, que les prix du blé tendent, en même temps qu'ils se généralisent et se régularisent (2),à rester (l) Economiste français du :24février 1883. (2) C'est là un bienfait relatif que ne connut pas l'ancien régime. En 1531, en 1571, en 1575, le blé coute, à Paris, deux fois autant qu'à Strasbourg. De
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