La Revue socialiste - 1891 - Tome XIV - vol 02

281 L.\ REVUE SOCIALISTE de 11afio11 toute manifestation de la sociabilité, mème la plus élémentaire. Citons : « Le gro11pe111m1t1.1/i(l11al la vie sociale, est la loi générale du règne végétal. » (page 2 3 5). « La 11atio11 existe dans tous les types ou embranchements organiques, et se montre à l'état rudimentaire chez toutes les espèces où se manifeste un ~ommencement de sociabilité » (page 2 36). « Dans les premiers âges de l'humanité, toute 11alio11 ne fut qu'une tribu.» (page 237). Evidemment, dans toutes ces phrases, le mot 11at1011 est pris exclusivement dans le sens beaucoup plus général de société. Or, entre ces deux idées, il y a tout un monde. La sociabilité est un fait naturel, une tendance commune à tous les ètres vivants. La nation est un groupement accidentel, exclusivement propre à l'humanité. Car, les phénomènes analogues que présentent les fourmilières mixtes et les fourmilières confédérées observées par M. Farel, sont loin de pouvoir ètre compris d'une façon absolue sous la mème dénomination. Rien de plus trompeur que de transporter dans le monde animal les krmes exprimant nos forces sociales. Comme le fait très bien remarquer M. Georges Pouchet. <, il faut se garder de toute méprise sur la nature très particulière des rapports qui existent entre les divers individus composant les sociétés animales. Chacun remplit dans la communauté un rôle spécial, sans qu'aucun y exerce le gouvernement ou le despotisme. C'est la réalisation pratique du rève formé par certains philosophes de nos jours qui n'ont jamais pu que concevoir l'idée, la possibilité, le projet de cette communauté d'intérèts et de biens. Le nom mème de 'R.._épublique, appliqué à un pareil régime est absolument vide de sens. Toute allusion à une organisation analogue à celle des sociétés humaines n'a que faire ici. C'est à la biologie seule qu'il appartient de dénommer un éta\ social dont l'étude est de son ressort. » ( 1). Mme Clémence Royer donne elle-mème fort bien la raison de ces réserves: « C'est qu'un type organique étant donné, il est propre au développement de certains instincts ou facultés pouvant produire certaines mœurs sociales déterminées, incompatibles avec les facultés ou instincts particuliers d'un type organique différent. C'est pourquoi l'homme, dépassant les aptitudes sociales des hyménoptères en intensité et en quantité, serait incapable d'en prendre les mœurs, n'ayant ni les mèmes instincts ni la même organisation, et ne pouvant avoir, étant mammifère et vertébré, que des mœurs sociales analogues à celles (1) Georges Pouchet: Les 7?.apportsde /'i11sti11ct et de /'i11tellige11rcbee:;_les i11srcles, (Revue des De11x-Mo11des, 1" février 1870.

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