La Revue socialiste - 1891 - Tome XIV - vol 02

261 LA RE\'UE SOCl.\LlSTE Au prcmirr abord les cxcrptions et les oojections abondent. On observe très s011Yentchez deux 11cuplc différents, pancnus l'un et l'autre ù une civilisation originale par dt'S voies complètement éparérs, une série de rc semblances générales au point de vue artistique, industriel, politique, m~·thologiquc. Comment ces similitudes-là peuvent-elles se rattacher ,i, l'imitation ? L'unité fondamentale de la nature humaine, de ses besoin , de sa constitution céd•bralc et l'uniformité de la nature extérieure expliqueraient à la rigueur ces parallélismes de développement politique, industriel, religieux, etc. Le principe général que toute similitude nait d'une 1·epélition, serait sauf; mais il faut remarquer quc, dans cc cas particulier, les répétitions sont et d'ordre physique (vibrations de chaleur, dr lumière et constituant le milieu physique) et d'ordre biologique (transmission héréditaire d'organe., dr fonctions, d'instincts, de besoins). La Repétition sociale on imitation restr donc inutile et :::ans emploi, contrait·cmcnt au principe qnïl s'agit de démontrer. Le génie humain a été rcssrrré clans les mêmes bornes étroites par une série de conditions internes et externes analogues et a parcouru une carrière partout identique au d<'-but. Il a suivi cette même carrière parer que les même: causes initiales l'ont arraché à sa torpeur premibre. Cc: causes sont, quelque idée nouvelle imitée A l'infini, laquelle a fécondé pour ainsi dire les Facultés inventives de l'homme; une fois évrilléc l'intelligence a jailli en innovations chaque jour plus complexes qui ont été imitées et combinées à l'infini, « à rorigine. une antropoïde aima- « giné les rudiments d'un langage informe et d'une grossière «religion: ce pas difTicile qui faisait franchir à l'hommejusqne- « lù bestial le seuil du monde social, a <lù être un fait unique, « sans lequel cc monde, avec tontes ses richesses ultérieures, « fùt demeuré plongé dans les limbes des possibles irréalisés. « Sans cette étincelle, l'incendie du progrès ne se fùt jamais « déclaré dans la forêt primitive pleinr de fauves; et c'est elle, « c'est sa propagation par imitation qui est la vraie cause, la con- « dition sine quâ non. Cet acte originel d'imagination a eu pour « effets non seulement lrs actes d'imitation directement émanés « de lui, mais encore tous les actes d'imagination qu'il a snggé- << rés et qui eux-mêmes en ont suggéré de nouveaux, et ainsi « de suite indéfiniment. » Les idées les plus simples ont exigé beaucoup de génie et d('s chances singulières, par exemple la domestication du cheval. Une fois trouvées, elles se sont répandues au loin. Les similitudt•s sociales entre peuî)les séparés actuellement par des obstacles infranchissables, doivent s'expliquer de préférence par la copie d'un modèle unique dont le sou-

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