UXE SOCIOLOGIE IDJ::ALISTE 259 cnlière, telle que la religion ou la famille. Les lois découvertes et formulées sont d'une hauteur de généralisation telle, qu'elles concernent toutes les sociétés présentes, passées et futures, emport.ant dans leur ampleur tous les possibles, et s'adaptant aussi bien à l'explication de la vie vaguement instinctive des hordes sauvages qu'à ~elle des grandes civilisations conten~poraines. Une telle conception abstraite et générale peut aussi être qualifiée d'idéaliste. L'Idée en effet qui plonge ses racines dans la matière, dont elle sort comme une éblouissante floraison, n'est pas cependant la matière. Les notions les plus précises de circulation cérébrale ou de nutrition intime des cellules grises ne nous apprendront jamais la Psychologie entière. En dernière analyse, tout phénomène mental n'est qu'un cas particulier de la vie du· système nerveux, tout phénomène nenenx ou biologique n'est qu'un complexus de faits physico-chimiques, tout phénomène Physique ou Chimique se r<'.•duit à un mécanisme d'atomes et de molécules en vibration, mais il n'en est pas moins vrai que la Mécanique n'est point la Physique et la Chimie, la Phyûque et la Chimie ne sont point la Biologie, la Biologie n·est point la Psychologie ou la Sociologie. Le fond intime des phénomènes est toujours identique ù lni-:même et toujours coustitué par des mouvements d'atomes, selon la très antique mais toujours neuve conception du plus grand philosophe de l'antiquité: Démocrite d'Abdère; mais ce qui change, c'est l'apparence mobile, c'est le décor extérieur. Suivant l'impression différente faite sur nos sens, les phénomènes du monde sont classés en çatégories différentes. A chaque catégorie correspond un groupement particulier, .un ordre à part dans l'arrangement relatif des mèmes molécules. C'est cet ordre spécial qui correspond p_ournos sens à une série spéciale de sensations et de perceptions et qui est l'objet de chaque science spéciale. Des blocs de pierre, suivant l'ordre qui leur sera imposé, pourront nous apparaître sous les aspects essentiellement différents d'une cathédrale gothique, d'une masure ou d'un mur _de forteresse, objets dissemblables mais composés des mêmes éléments. A cette question: Qu'est-ce que l'homme? on pourrait répondre: un composé d'azote, d'hydrogèue, d'oxigène, de carbone et de quelques sels minéraux. Cette réponse, si exacte et si a_nalytique qu'elle soit, nous laisserait dans une grande ignorance. Le Matérialisme «qui, selon la profonde vue positive, consiste à interprêter le~ phénomènes d'une science au moyen des phénomènes de la science inférieure (1) », nous a amenés logiquement à cette (l) PAULHAN: L'activité mentale et les élément$ de l'esprit (p. 528).
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