DES S:ERVICES COMMUNAUX vend qu'une audacieuse purée de citrouille, il n'y a évidemment que demi mal; mais quand on vous fait absorber, en quantités très appréciables, de la noix vomique, de l'arsenic ou des sels de plomb, on vons assassine en détail, tout simplement. Gille et Abadie y mettaient moins de formes, mais ils étaient loin d'opérer sur une aussi grande échelle 1 • Donc le mal existe, et grand. Où est le remède? 11 Où est le remède? nous le dirons tout à l'heure. Continuons notre énumération. La cervelle de mouton et de cheval, l'amande douce, le sérum du sang, les carottes cuites, la dextrine, l'amidon, la farine, le sucre, la fécule, la gélatine, la colle de poisson servent tour à tour à donner au lait préalablement écrêmé la consistance et l'opacité convenables.C'est fort.bien, mais tout le monde sait que la diarrhée infantile,.qui fauche tant Je petits êtres, est causée la plupart du temps par la mauvaise qualité du lait consommé dans la capitale. Et les alcools toxiques, les horribles poisons tirés du maïs ou de la pomme de terre, causent des ravages qui ne s'éterident pas seulement à la génération actuelle, mais qui pèseront surtout sur celle qui lui succèdera. Quelquefois les falsifications sont si meurtrières que le parquet doit se déranger. Oh! son action est douce: un M. de Villeneuve, d'Hyères, arseniquait tellement ses vins qu'en peu de temps quarante de ses clients moururent empoisonnés et deux cent trente étaient gravement atternts, dix-neuf .étaient morts, plus de soixante étaient dans un état désespéré. Ce noble négociant en a été quitte pour un mois de prison, si j'ai bonne mémoire. Cela se passait en 1888. • A la même époque une vingtaine d'habitants de Nexon, dans la Hante-Vienne, furent pris de coliques atroces. Le parquet de Saint-Yriex découvrit que toutes les personnes si étrangement malades se fournissaient chez le même boulanger; une saisie faite chez ce dernier fit connaître que ses farines contenaient du plomb en quantité considérable. Il en fut quitte également pour une bagatelle. Troisième fait que rapportèrent les journaux du 23 Mai 1889 ; tout d'un coup le bruit courut que plus de soixante personnes, toutes clientes de la charcuterie Juvers, 49, rue de Flandres, à Lille, étaient prises de violentes douleurs d'intestins. Deux d'entre eux, un jeune homme de 26 ans, Alfred Renart, et une buvrière Sophie Josse, âgée <le40 ans, étaient morts après quelques jours d'atroces douleurs qui s'étaient déclarées à la suite d'un repas composé de produits de cette maison de charcu-
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