)!OUYEMEKT SOC!AL EN FRAXCE ET A L •.t:TRANGER 221 sont des gages plus que suffisants donnés au capital. Quant aux promesses de lois protechices du travail, ne faut-il pas un peu de poussière pour troubler la vue des travailleurs, ne faut-il pas jeter un peu de farine sur le sang versé à Fourmies ? Encore Fourmies. - U a appartenu au Jury du Nord, comme disait M. Fallières « de dire le dernier mot sur cette malheureuse affaire de Fourmies. Le gouJernement a recherché si les véritables coupables n'étaient pas ceux qui dans l'ombre avaient préparé ces manifestations.» Habemus conjitentem reum. A présent que le gouvernement a obtenu de sa Chambre le vote d'amnistier lui seul, il abandonne ses allures papelardes de chat pris en faute, il ressort ses griffes anti-socialistes, il avoue la préméditation de son attitude provocante à l'égard des socialistes militants, il reprend sa campagne de dénigrement, il a eu l'audace de poursuivre deux hommes qui ,( ont préparé » la manifestation légale du 1•r Mai dans le Nord. Une foule sans armes a manifesté pacifiquement sur la place de Fourmies et a été massacrée. Ce n'est pas de la faute des soldats qui ont tiré (ce qui sera le remords de toute leur vie), ce n'est pas de la faute du gouvernement qui les a envoyés avec des fusils chargés. Non c'est de la faute de ces hommes instruits, de ces docteurs, qui, imitant le semeur de l'Evangile, s'en vont répandant partout la semence des nobles pensées sociales, le souvenir des saints devoirs de fraternité et de solidarité, dont le 1... Mai n'est que la commémoration. On a fait subir une longue détention préventive à Culine, ancien vice-président du Conseil des Prud'hommes de Sedan, coupable (cela a été dit en pleine! tribune parlementaire) « de ne pas s'être trouvé devant les balles, à l'heure du feu ». Et mon confrère et ami Millerand a eu l'honorable obligation d'aller répéter aux jurés du Nord qu'ils ne pouvaient déclarer Lafargue (( coupable d'avoir provoqué au crime du meurtre » consommé par les fonctionnaires civils et militaires du gouvernement. En effet Lafargue, que toute l'Europe socialiste connait, a été prévenu d'avoir, vingt jours avant le 1°" Mai, proféré dans une réunion publique. (à Wignehies, non à Fourmies), un discours meurtrier. - Il est peut-être possible que dans la chaleur du débit, Lafargue, emporté par son tempérament, se soit laissé aller à quelques intempéries de langage ; mais il n'a pas provoqué un meurtre ; au contraire, il aurait dit qu'il ne fallait pas tuer les patrons parcequ'avec leur peau on ne saurait pas mème faire des gants. Négligeant habituellement les menus faits de la campagne menée sous mille formes différentes contre le socialisme, nous n'aurions pas insisté sur ces maladroites et incompréhensibles poursuites, si nous n'y avions vù une application de ce vieux proverbe : ~ementat qu.em
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