La Revue socialiste - 1891 - Tome XIV - vol 02

~IOUYEi\lENT SOCIAL E;\" FRA:\'CE ET A L'ÉTRANGER 2H) que la Société elle-même en proportion progressive de l'étendue et de l'importance des fortunes. Au surplus il parait fort naturel de gager l'existence des invalides du travail producteur de la richesse publique sur les successions qui sont la manifestation de cette même richesse publique ... Ce qui nous importe avant tout c'est l'admission du principe justicier du droit à la retraite sans versement, dont nous avons essayé de démontrer la justesse et la nécessité. Mais nous ne saisissons pas l'utilité d'une caisse spéciale de retraites ouvrières. L'an dernier le gouvernement a donné d'excellentes raisons pour faire voter l'incorporation du budget extraordinaire dans le budget ordinaire. Nous invoquons les mêmes raisons ou d'analogues pour demander que l'on ne reforme pas un énorme budget extraordinaire. Incorporez dès à présent le service des retraites ouvrières dans les budgets régulièrement votés chaque année ; et alors nous croirons plus facilement à l'efficacité de promesses qui ne seront pas ajournées et n'auront plus un fondement aléatoire. Pourquoi attendre que la caisse ait eu le temps de se former, - ou de se déformer. Bref, la proposition de M. Constans est incomplète et frustratoire; elle est injuste pour les ouvriers, vexatoire pour les patrons qui se vengeront sur les ouvriers, et très-aléatoire pour la quote-part exigée de l'Etat. Cette dernière repose sur une base à peu près aussi stable, aussi consistante que les monticules de sable du désert. M. Constans a bien quelques vagues prévisions; il est permis d'en concevoir d'autres. En dernière analyse, la quote-part demandée à l'Etat par le projet gouvernemental rentrera fatalement dans le_budget. L'on sera amené à en prélever l'alimentation sur l'impot. Mais lequel? L'impôt du pauvre ou l'impôt du riche? M. Constans répond par des échappatoires, parce qu'il sait bien que son projet ne sera pas voté demain. Il connaît son La Fontaine : Avant l'afl'a1re, Le roi, l'âne ou moi nous mourrons. Finalement nous devons conclure à une refonte totale du budget, car toute réforn~e en faveur des masses, partant tout accroissement des dépenses publiques sont impraticables sans une refonte totale du budget, sans un examen sévère des dêpenses improductive~, inutiles ou dangereuses, sans un plus juste prélèvement des recettes sur la véritable richesse qu'elle soit stagnante, en circulation, ou en deshérence, sans un fort imp6t progressif, sans une plus g~ande extension des monopoles de l'Etat et de la Commune . .. . .. Soyons optimiste, supposons la loi de M. Constans votée dans cette présente législature. Ou bien le nombre des épargnants versant à la caisse sera plus grand qu'on ne l'avait prévu, et il y aura qc graves mécomptes financiers qui rejailliront sur le bu,dget, partant

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