218 LA REYUE SOCIALISTE vicieux. L'ouvrier ferait tous les frais des cotisations destinées à la constitution des fonds de retraite. La coopération des patrons ne serait qu'apparente; non moins apparente la coopération de l'Etat. Cette absurde mais inéluctable répercussion doit-elle nous faire conclure à l'impraticabilité d'un système d'assurance au fonctionnement duquel la société représentée par l'Etat contribuerait partiellement ou totalement? Evidemment non. Mais celui qui veut la fin doit vouloir les moyens. Or, M. Constans, en admettant même l'optimisme de ses chiffres et calculs discutés par tous les journaux, n'a pas suffisamment gagé la quote-part due par l'Etat. Il compte sur les intérêts de la capitalisation des sommes versées. sur les bénéfices de l'exploitation par l'Etat des chemins de fer à l'expiration des trop fameuses conventions_. sur la compensation résultant conséquemment de l'allègement du budget de !'Assistance publique à cause de la diminution du nombre des indigents à secourir. Autant de leurres, car fatalement l'argent tend à produire de moins en moins, car heureusement les budgets de !'Assistance publique et de !'Hygiène publique iront quand même en s'accroissant, car les ressources provenant du retour à l'Etat des chemins de fer seront elles-mêmes insuffisantes à combler les vides de nos budgets de plus en plus enflés. Quand on veut sérieusement engager longtemps à l'avance de grosses dépenses, il faut les gager à l'avance aussi non sur des hypothèses mais sur des ressources certaines. Nous aurions donc le droit de considérer le projet ministériel comme une simple manœuvre gouvernementale, non ç,as précisément parce qu'il n'a pas suivi MM. Godin et Parmentier dans leur très-légitime revendication du droit d'hérédité de l'Etat à la fortune des personnes décédées. En effet nous nous soucions forr peu qu'il y ait ou non une caisse spéciale des retraites ouvrières. Ce système de caisses spéciales, c'est de la fiction de comptabilité. Au demeurant toutes les caisses appartiennent à l'Etat; et dans la réalité pratique nul ne le sait mieux que lui; il en use et en abuse.- La collectivité nationale doit assurer tous les services publics; socialement le service des retraites ouvrières doit ètre un service public. La justice défend de l'alimenter par les cotisations ouvrières; le bon sens défend d'en demander les ressources au patron. Il ne reste donc plus qu'à le faire figurer dans le tableau des dépenses incombant à l'Etat. Peu importe après cela que le service des retraites ouvrières soit porté au budget ordinaire ou au budget extraordinaire, qu'il soit fait face.aux dépenses qu'il nécessite par les fonds publics ou par une caisse spéciale, par de~ recettes spéciales; si l'on veut absolument l'n faire une chose à part, nous demandons l'adoption d'une fusion des projets Godin et Parmentier, car nous y trouvons un gage certain de réalisation pratique et équitable, puisqu'il n'y a pas de plus_légjtime héritier
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