MOUVE~IENT SOCIAL EN FnANCE ET A L'ÉTRANGER 2lï propre tire-lire destinée à le tirer d'embarras en cas de chômage. de deuil ou de fête dans sa famille, ou pour tout autre besoin urgent. Voilà d'excellents et nécessaires placements auxquels il ne peut pas aujourd'hui satisfaire entièrement et dont on veut le détourner, sous le prétexte de lui as~urer « le pain de ses vieux jours». Tous les gouvernements ont plus ou moins étouffé la question du droit à l'existence et éludé le décret de la Convention, proclamant que les enfants, les vieillards et tous ceux qui étaient dans l'incapacité de travailler, avaient droit au secours public de la nation. M. Constans n'admet pas davantage le droit des travailleurs à la retraite sans versement. «Aide-toi, et l'Etat t'aidera», dit-il à l'ouvrier, sans se soucier si celui-ci peut s'aider.- ((Je veux bien m'aider, pourrait répondre celui-ci, mais quand je ne fournirai plus au patron et à la Société du travail non payé. En attendant l'heure de la justice pleine et entière, c'est bien le moins que l'on ne me demande pas une nouvelle avance, non plus de mon travail seuleme.nt, mais de mon maigre salaire journalier. J'avance forcément mon travail; je fais crédit à la société du surtravail qu'elle m'impose pour l'unique profit du Capital ; il est trop naturel que ce versement quotidien fort tangible, ce don à la collectivité des produits ouvrés gratuitement par mes bras, me crée un titre à un remboursement partiel sous forme de rentes viagères, quand arrivera l'époque de l'invalidité. Vous me dites de passer à la caisse. Pardon, j'y passe tous les jours. Rendez-moi d'abord les produits de mon travail gratuit. Nous verrons après. Vous ne le pouvez pas? Eh! bien, servez-moi pendant ma vieillesse, mes maladies, mes• chômages, l'intérêt des valeurs industrielles, agricoles et commerciales_majorées par ma peme. j'ai peiné et payé hier, je peine aujourd'hui, je paierai encore de ma pfrsonne demain. Je solde tous les jours à la société plus· que mon dù. A mon tour d'ètre payé, soldé, remboursé. Voilà assez longtemps que j'enrichis les autres, pour avoir moi, sans encore me saigner, le droit de vivre une suffisante vie.» Dans l'adjonction obligatoire·d'une cotisation patronale égale à la cotisation volontaire de l'ouvrier, il est difficile de ne pas trouver un indice du progrès réalisé par le sentiment des obligations de l'employeur envers le travailleur. Mais qui ne voit que le patron forcé d'ajouter sous une autre forme cinq centimes ou dix centimes au salaire quotidien réduira ses salafres pour maintenir ses débours au même chiffre? Il retranchera d'un côté ce qu'il ajoutera de l'autre. Quant à l'Etat dont les ressources sont faites de celles de la masse des contribuables, il ne donne jamais rien de plus que ce quïl prend. S'il doit donner des millions aux ouvriers, il prendra des millions de plus aux contribuables, c'est-à-dire directement ou indirectement aux ouvriers eux-mêmes. • La cai~se de M. Constans nous ferait tourner .dans un cercle
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