La Revue socialiste - 1891 - Tome XIV - vol 02

2lô L.\ REYlJE SOCULISTE priétaires, ont contracté une dette envers les salariés ~t doivent l'acquitter en contribuant à la sécurité de leur vieillesse; 2° à considérer le travail spus to~1tes ses formes comme une fonction et à voir dans l'agriculture et dans l'industrie des services publics (mal rémunérés). Mais venir nous dire que le socialisme a fait de nos jours deux recrues considérables, le pape et M. Constans. c'est là une bonne plaisanterie. L'on sait par notre dernier bulletin ce que nous pensons de l'encyclique. Quant à M. Constans, tout le monde sait qu'il veut avant tout défendre le bel ordre social actuel. Lui-même vient de rappeler vaniteusement avec son habituelle bonhomie affectée qu'il faisait partie du clan « des gens très-bien ». Or, le gouvernement qui ne veut entendre parler que de valeurs solidement gagées et cotées en bourse et les « gens très-bien>', ne permettront à aucun moment à la Caisse de retraite de faire servir ses milliards à la direction de nombreuses entreprises industrielles, commerciales et agricoles. aux produits desquels participeraient les salariés déjà participants de la Caisse des retraites. Nous ne nions pas que, sous un certain aspect. le projet de M. Constans ne puisse aboutir dans l'avenir.entre des mains très habiles, à une sorte de collectivisme; mais toutes nos institutions, tout notre mécanisme économique aboutissent fatalement au socialisme communiste scientifiquement organisé. On a présenté l'exposé des motifs qui précède le dispositif de la proposition de M. Constans comme le resumé précis de l'état actuel du socialisme. Cependant nous n'y voyons concédé qu'à titre absolument transactionnel le droit à l'existence du travailleur qui a déjà contribué à la prospérité sociale. La propriété continue à être conservée et protégée au détriment de ceux qui produisent et créent la propriété. Le projet Constans est encore de !'économisme; c'en est même le dernier mot d'après le journal de MM. Léon Donnat et Burdeau: ,< En assurant à l'ouvrier qui le veut une retraite un jour où l'outil lui tombera de la main, la République tranche la question sociale.n (Globe du 18 Juillet) - Sans doute il y a progrès, puisque ce projet de prévoyance par voie d'assurances prend la forme de la mutualité entre l'Etat, les employeurs et les employés, et répond à l'idée sociale: « il faut penser aux autres en même temps qu'à soi.» Toutefois cette prévoyance a toujours pour but la formation d'un capital par les alluvions successives des revenus que n'entrainent pas les dépenses courantes des ouvriers. Ces derniers ont bien du mal à joindre les deux bouts; la rage de protectionnisme qui sévit sur la France leur rendra la vie plus amère encore et c'est le moment que l'on choisit pour leur demander un retranchement sur un salaire insuffisant. Il faut bien encourager J'épargne, dira-t-on. Soit; mais l'ouvrier ne peut pas épargner pour tout le monde; il faut qu'il verse son sou rédempteur à son syndicat, à son journal,. à sa société politique, à sa

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