La Revue socialiste - 1891 - Tome XIV - vol 02

~lOUVEMENT SOCIAL EN FRANCE ET A. L 1 ÉTRANGER 215 résoudre. Puis le temps et surtout l'espace nous font défaut pour donner un bulletin parlementaire sérieux. Nous ne pourrions guère que citer et compiler. A ~me autre fois la sélection de quelques propositions se rattachant au progrès social;-de l'intéressant mouvement socialiste qui se dessine de plus en plus sous des aspects divers dans tous les pays civilisés? Ce mois-ci encore nous sommes forcés d'ajourner cet examen. Mens agitai 111olem. Et au milieu des multiples incidents méritant des considérations plus ou moins longues, un choix nous est imposé. les retraites ouvrières.- Dans notre dernier bulletin noî.Js avons donné l'analyse et l'économie générale du projet de MM. Constans et Rouvier sur la matière. Tandis que des économistes prédisent un nouveau Panama, d'autres vont jusqu'à y voir la réforme sociale la plus considérable du siècle, ou premier et grand pas fait vers l'extinction du {1aupérisme, un commencement de ré~onciliation entre le Capital et le Travail. Autant d'espoirs chimériques ou de ruses peut-être opportunes mais insuffisantes pour arrêter les progrès de l'idée ·collectiviste. Le moindre socialiste sait que la plus ingénieuse, la plus large prévoyance,même aidée d'une plus équitable répartition,peuvent soulager mais non pas guérir. Tout comme l'assistance, l'assurance obligatoire reste désarmée devant le paupérisme. C'est sous forme d'assurance que les projets de prévoyance obligatoire se sont surtout produits. Nous citons pour mémoire les projets d'assurance forcée qui remontent à la Convention et à l'Assemblée constituante de 1848, les ingénieux systèmes éclos en Angleterre et en Allemagne, les propositions d'initiative parlementaire déposées par M. Nadaud et tutti quanti depuis que la République est soi-disant républicaine. Du passé nous retiendrons .seulement le projet de M. Godin et pour le présent nous opposerons ·seulement au projet de M. Constans le projet de notre ami Parmentier· ( 1) dont la ligue de revendication des droits à la retraite 'sans versement « la Prévoyance nationale» est en train de propager une sérieuse opposition aux vues ministérielles. Il faut être juste même et surtout à l'égard de ses adversaires. Nous avouerons donc sans réticences qu'il est fort heureux que l'on laisse aux ouvriers la liberté du versement. Il est vrai que le contraire aurait été par trop audacieux ; nous avouero_ns aussi cette h~ureuse tendance: 1° à reconnaître que tous les employeurs, patrons ou pro- (l) Voir dans la Revùe Socialiste de fèvrier l891, l'étude de Malon sur le a droit à l'existence•>; - dans la Revue Socialiste de décembre 1390 les pages i-ll et 742 de notre mouvement social, - et daus la revue de mars 1891 les pages 353 et 3::;_,1.

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