La Revue socialiste - 1891 - Tome XIV - vol 02

212 LA REVUE SOCI.\LISIE gieux et édite une revue mensuelle ù New-Labanon, sous le titre : Le 'Shaller et la Shalœresse. Il est aidé, dans cette dernière tàche par l'Elderesse Doolittle. Ce recueil périodique est, en quelque sorte, l'organe officiel de la secte et se renferme presque exclusivement dans le domaine dogmatique : ce qui, d'après un juge compétent, le rend moins intéressant que la Circulai1•e d'Oneida, le moniteur des Perfectionnistes ou amantsli bres, dans lequel on trouve beaucoup plus de détails sur la vie pratique etjournalière. On peut ajouter que le communisme de M. Noyes possède un attrait érotique dont est privé le commuuisme des disciples d'Anne Lee. New-Labanon est chaque jour visité par les touristes. J'y suis allé deux fois, mais j'épargnerai aux lecteurs une topo,.; graphie qu'ils trouveront dans la plupart des voyages aux EtatsUnis et je me dispenserai, si forte que soit la tentation, de reproduire des notes écrites il y a plus de trente ans. D'ailleurs j'ai fondu mes expressions personnelles avec des renseignements recueillis à des sources plus récentes, et il est bon, dans une étude substantielle, d"éviter les redites. Moins heureux que M. Nordhoff, qui a visité toutes les sociétés des Shakers, répandues dans les sept Etats de l'Union, j'en connais seulement la société principale, située dans une région riante dfl l"Etat de New-York. Mais, après avoir épluché avec soin les monographies de mon guide, je puis me consoler en voyant prévaloir la œ.ème organisation au nord comme au sud, à l'est comme à l'ouest. Le Shakerisme est partout identique. Le travail n'est nulle part fatiguant. Les industries varient mais celle qui prévaut est la confection des balais. Plusieurs sociétés possèdent des fermes qu'elles font exploiter par des profanes. Elles louent aussi, excepté à New-Labanon, des cultivateurs du dehors pour les aider dans l'agriculture. La majeure partie des membres se compose d'Américains. Viennent ensuite les Anglais, les Ecossais, les 8uédois, les Allemands, les Français du Canada. Toutes les religions apportent leur contingent à l'église milliniale, mais elle semble convenir surtout aux presbytériens, aux baptistes et aux méthodistes. On s'explique facilement la rareté des catholiques, par l'existence des 0ouvents qui ouvrent leurs portes aux personnes fatiguées de leur indépendance individuelle. On s'explique encore mieux l'absence absolue des Unitaires, dont la foi réduite à sa plus simple expression, est comme le vestibule de la libre pensée. Les Shakers prennent des enfants en apprentissage. Arrivés à l'âge de raison, ces jeunes élèves, ayant acquis un métier

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