La Revue socialiste - 1891 - Tome XIV - vol 02

UNE FA~IILLE DE SHAKERS 213 lucratif, préfèrent généralement rentrer dans le monde profane. Un sur dix peut-être embrasse le Shakerisme en repoussant ce fruit défendu, dont la bonne mère Anne avait une si sainte horreur, mais que la jeunesse n'est que trop disposée à cueillir. Toutes les excentricités, même les plus opposées aux iustincts de la ·nature peuvent, par une espèce d'aberration exceptiocnelle, trouver des adeptes. L'existence des Shakers en Amérique, comme celle de Sk.optsi en Russie, le prouve. Mais ces deux sectes antiprocréatrices, pas plus que les congrégations monastiques de l'Orient et d".!l'Occident, ne réussiront pas à arrêter dans son cours la race humaine; faibles roseaux dans le lit d'un fleuve impétueux, elles absorberont seulement quelques gouttes d'eau à leur passage. Nées l'une et l'autre d'une pensée ultra-pessimiste au fond, comme celle de Schopenhauer, elles luttent contre une loi qui s'impose à tous les êtres animés et leur dit:« Croissez et multipliez.>> Elle est folle, la présomption des mystiques qui prétendent abolir l'union féconde des sexes. Aussi s'ils trouvent des adhérents et des adhérentes, le nombre en reste et restera toujours minime, comme l'attestent depuis un siècle bientôt, la sympathique communauté de la Mère Anne et l'immonde association des ùisciplcsd'Origène, an sein de la barbarie moscovite. A. HoL YNSKr.

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