DES SERVICES CO.M:'.lfUNAUX Pour les manieurs d'argent, rançonner le public premièrement et secondement imposer au personnel un travail exténuant pour le plus bas salaire possible et torturer jusqu'à l'épuisement complet, jusqu'à la mort libératrice 1 les animaux travailleurs dont on se sert, sont dans le domaine des chos~ courantes. Tant ces rateleurs du bien d'autrui savent peu ce que c'est qùe le sens moral. Le sens moral leur est aussi étranger que la probité, ce qui n'a rien d'étonnant, les deux allant ordinairement ensemble. (1) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . A cette JJlace se trouvait wie critique sw· ta Compagnie ctesOninibus qui aurait fait ctouùle emploi avee l'article de Gustave Rouanet, que l'on trouve1·a plus loin, sur lrt mhne question. Cespassages se1·ont 1•eintégres to1·sde ta publication en 1;olwne ctespresentes etucles. de vingt ans. Ou leur demande un suprême effort. Et comment le leur demande-t-on? A coups de fouets, qui cinglent leur maigre échine, qui ensanglantent leurs fines chevilles par les douleurs envahies. « Ah! grands dieux I que sert contre cette barbarie une loi timide'? Ce qu'il faudrait : c'est le droit pour tout. honnête homme de secouer sur place le malfaiteur qui fait à qui ,'aut mieux que lui, à qui est plus estimable que lui, à qui a plus d'humanité que lui - à son cheval - souffrir un intolërable martyre! Que de fois j'ai souhaité ëtre libre de chàtier comme il convenait ces bourreaux I Avec quelle volupté, je leur aurais vu appliquer la peine du talion, de leur fouet, leur cinglant les côtes, à les laisser gueulant sous les coups! « Mais quoi I la foule est complice du mal.» (Caribert, dans le journal le Paris, 1891). (l) Cette cruauté envers les bêtes, con·ollaire de la spoliation des traYailleurs et du rançonnement du public se manifeste toujours de telle façon que lors de la grande grëve de 18ï8 les cochers, peu tendres cependant, demandèrent aussi que leurs chevaux fussent moins exténues, moins affamés. « Le cœur saigne â Jeurs conducteurs, disait le délcgué Moritz, de voir ces pauYres bêtes à bout de forces, toujours affamëes, toujours rendues, ne marcher que sous les coups de fouets jusqu'au jour où elles tombent sur la voie publique pour ne plus se relever.» Malheureusement, les hommes comme le citoyen Moritz sont rares, dans la corporation des cochers, trop enclins â la cruauté envers les malheureuses betes qu'on leur livre. Quant aux financiers ils riraient si on leur pal'lait des devoirs moraux ou sociaux, ce qui revient au même. Osons pourtant leur dire que l'homme digne de ce nom, doit la justice et le dévouement à ses frères humains et la compatissancc aux animaux autant que le permettent les nécessités de ta vie de la race humaine; que, par suite, il doit de bons traitements à ces<• frères inferieurs" comme dit Michelet, qu'il malmeue si cruellement, qui pourtant lui sout si utiles et l'aident si patiemment et si constamment clans ses travaux. 2
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