16 LA REVUE SOCIALISTF! Caillard, des Crémieu, des Calvet, des Rognat, des Arnoux et autres d'Auriol. Les actions émises montèrent jusqu'à 220 francs grâce à nne réclame enragée au moment du doublement; puis, l'opération faite et les lanceurs ayant fait leur raffle, baisse effroyable; les actions retournèrent au pair, descendirent même à 25 fr. Les anciens cochers furent rninés; leur industrie confisquée et échangée contre raction,« cette nouvelle forme démocratique de la propriété» ,fut à jamais perduè pour eux,emportée par le tourbillon de la baisse, qui n'était en réalité qu'une mise à point, puisque les actions de 100 fr. qu'on avait fait monter jusqu'à 200 ne représentaient en somme qu'un matériel de quinze francs. Il y eut, en outre, des malversations telles que les tribunaux durent s'en mêler; ils eurent à examiner des faits de ce genre: Les 1nem,bres clu Conseil d'aclniinistration etaient fournisseurs du dit Conseil. M. Gaillard, administrateur, vendait à ses collègues des bois à 30 francs le décistère. La Compagnie ne pouvait s'en servir et les revendait au chemin de fer du Nord à 13 francs. Pour l'entretien des fiacres, M. Langlois, constructeur, offrait à le prendre à sa charge au prix de 2 fr. 15 c. par jour. Le conseil d'administration l'adjugeait à Massinot au prix de 3,60.- « C'est une chose fâcheuse, disait débonnairement le présiclent de la correctionnelle, que l'acheteur et le vendeur soient la même personne.)> Langlois déclarait qu'à 2 fr. 15 c., il pouvait gagner 300,000 francs par an. Combien donc gagna le compère Massinot? (1) Le système entraine d'autres pratiques qui, pour ne pas relever (très malheureusement) du code pénal, n'en sont pas plus recommandables. Les cochers, indignement exploités par leurs patrons anonymes, avec rodieux système des moyennes, s'en prenuent au public qui, de la sorte, est mal servi en payant très cher. Quant aux chevaux dont on exige plus qu'ils no peuvent donner, ils sont surmenés, maltraités et mal nourris, réduits en tel état qu'ils feraient pitié aux pierres (2). (1) Georges Duchêne: La spéculation devant les tribunaux. (2) « Paris est gâté pour l'homme sensible par la vue des miséres de la plus douce, ç.lela plus laborieuse, de la plus noble des bêtes. Excès de travail. manque de nourriture, maurnis traitements : en ces trois termes tient la courte et douloureuse existence d'un cheval sur le oeurtrier pavé parisien. « Il va sans dire que les fiacres surtout donnent cette impression navrante. Puis ce sont les attelages de charbonniers, et surtout, aux >!poques des termes, la cavalet·ie de certaines maisons de déménagement. A d~s voitures trop lourdes, 011 attelle des chevaux qui sont de paunes vieux, épui3és par une activité
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