UXE FAMILLE DE SIIAJ..ERS 203 homme qui vit comme nous n'a pas le droit d'être malade avant soixante ans! >> Quelques-uns pensent aussi que c'est la faute des guérisseurs. « • ·ous avions jadis deux médecins parmi nos membres, - dirent au même observateur les Shakers de Groveland (près de Rochester dans le New-York), - et alors nous étions en proie à toutes sortes de maladies, maintenant qu'il n'y a plus dans notre société aucune espèce d'Esculape, la santé générale est excèllente et les souffrances physiques d'une ra'reté excessive. >> Leur hygiène est d'ailleurs fort raisonnable. Du travail, ils n'en prennent qu'une dose salutaire au corps. Il~ sont sobres et tempérants. Avec un rare discernement, ils ont banni, à l'exemple de Moïse et de Mahomet, le porc de leur cuisine. Cette chair immonde est accusée en Orient, non sans preuves à l'appui, de produire, parmi les maladies cutanées, la plus affreuse de toutes; celle qui sévissait sur les Hébreux. en Egypte. Dans l'Amérique tropicale - principalement à Quito, - les habitants m'ont dit qu'ils attribuaient la propagation de la lèpre à l'usage trop répandu de la viande de cochon. On connait la trichine, découverte par le docteur Yirchow. A tous ces mauvais effets, les Shakers en ajoutent encore un autre: ils étaient, dans leur communauté, très sujets au cancer; cette affreuse plaie a complètemon t disparu, disent-ils, depuis qu'ils ont renoncé à manger du porc, sous quelque forme que ce soit. Il serait à désirer qne la science s'occupât à vérifier l'assertion qne le porc est la cause principale du cancer. Un bon nombre, - peut-être la moitié - des Shakers ont adopté le système de Pythagore, renouvelé par les Végétariens, en s·abstenant de tout ce qui a eu vie. Quelques-uns même poussent, ~t cet égard, le scrupule. si loin, qu'ils se privent de lait, de beurre, de fromage et d'cèufs. Quant aux légumes et aux. fruits, il s'en fait, dans toutes les· communautés, une grande consommation. On s'attache à améliorer les productions du sol, dont le superflu, quand il est vendu au dehors, obtient une prime sur tous les marchés ; ce dont je me suis assuré moi-même pour les fruits et les légumes de J\'ew-Labanon. L'ivrognerie est un vice complètement inconnu chez les Shakers qui montrent par là une grande supériorité sur les moines catholiques et grecs. Sans y être tenu par un règlement formel, ils s'abstiennent, à leurs repas, de toute boisson alcoolisée. Outre l'eau, aussi pure qu'ils peuvent se la procurer, ils.prennent, mais avec modération, du thé et du café. Les Shakers n'ont pas songé, comme Cabet dans rnn Icarie, à défendre l'us1ge du tabac par une mesure législative. Fume,
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