La Revue socialiste - 1891 - Tome XIV - vol 02

202 L.\. REVUE SOCIALISTE en quelque sorte, résolu le difficile problème de rendre attrayantes les occupations agricoles, industrielles et domestiques. Autant que faire se peut, chacun est employé suivant son goût et son talent. L'ordre, la propreté, l'aisance, le confort caractérisent tous les établissements des Shakers ; quand on y entre, en sortant des villages environnants,on se voit comme transporté dans nue oasis de bien-ètre général où le contraste entre la misère et l'opulence n'attriste jamais les regards. c·est là, il faut l'avouer, le beau coté du communisme en plein épanouissement, comme chez les Shakers. VII CHASTET{: ET HYGrbrn L'abstinence sexuelle, qui est le principe fondamental des disciples d'A1111eLee, n'a pas l"effet délétère qu'on serait porté •à lui attribuer, d'après l'autorité de la plupart des médecins. ::'.\ewtonet Kant moururent vierges tous les deux, l'un ù 85 ans et l'adre à 80 ans. Mais absorbés par des éludes profondes, on comprend qne ces hommes supérieurs se soient affranchis, comme par exception, des exigenc0s de la nature humai11e et qu'à la satisfaction intellectuelle de leur cerveau, ils n':lient pas eu besoin d'ajouter la satisfaction des sens. Lenr santé pouvait ne pas dépendre de ce qui est une n(:cessité impérative pour le commun des mortels. De leur exemple, on ne saurait tirer aucune conclnsion générale. Parmi les Shakers, il n'y a ni des Newton, ni des Kant; ils sont loin de briller par la force de leur intelligence et on peut les considérer, ,}la manière dont ils se recrutent, comme des mortels très ordinaires, et par conséquent, tont à fait soumis anx besoins vulgaires. Néanmoins, malgré le célibat le plus strict, beaucoup arrivent à une grande vieillesse et quelques-uns meurent centenaires. La mortalité est moindre dans leur société que chez les populations jouissant des meilleures conditions de la vie en dehors du communisme. De plus, ils vivent bien portants en général. Jamais le choléra n'a envahi leurs villages. L0s fièn0s épidémiques dont ils ont souffert dans les pr0mières années du défrichement ont cessé <leles visiter. cc Je suis convaincu. disait un El<ler ù. M. Kordhoff, que tout

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