,/ DES seRVICES COMMUNAUX 15 compagnies des petites voitures et d'omnibus,- l'opinion poussée à bout par de trop intolérables abns, s'est vivement prononcée. II.- DES SERVICES DE TRACTION (PETITES VOITURES, Û~INIBUS) Pourtant, là encore, ce ne sont pas des intérêts respectables que l'on peut opposer à l'intérêt public sacrifié. Prenons pour exemple la Compagnie des petites voitures qui fut fondée en 1855, aux beaux jours où, comme nous l'avons dit plus haut, les hommes du second empire livraient d'un cœur si léger la fortune publique à la haute finance. Avant cette date,l'industrie·des petites voitures était exercée par des petits entrepreneurs autorisés. Commeon avait fait pour les chemins de fer, pour le gaz, pour d'autres entreprises, on fusionna au bénéfice de quelques financiers. On parla naturellement d'utilité publique, de meilleur marché, et comme on émettait pour 20 millions d'obligations de 100 francs, on dit: Voilà la démocratisation du crédit. Cependant les cochers possesseurs d'une unique voiture hésitaient; ils sentaient venir l'esclavage. Quant aux entrepreneurs possesseurs de cinq ou six équipages, ils refusaient non moins énergiquement de fusionner : ils sentaient la dépossession. Mais l'Administration, complice des monopoleurs, brisa les résistances en retirant les autorisations; il fallut se soumettre et se démettre, c'est-à-dire se laisser proprement écorcher. En effet il y avait à Paris, qaand la Compagnie se fonda, 878 voitnres qui à 8000 •francs environ l'équipage, y compris l'achat du privilège, constituaient un matériel de la valeur de 7,000,000. Pour racheter ce matériel de 7,000,000, la compagnie émit 200,000 actions à 100 fr.- Vingt millions! - Puis doublant son capital, elle le porta à quarante millions, sextuplant ainsi la valeur du matériel d'exploitation, sans augmenter le matériel lui-même, de sorte que les cochers qui avaient cédé pour 8,000 fr. leur équipage à la nouvelle conipagnie, recevaient en paienient de celle-ci un titre d'action qui ne représentait que la sixième partie du matériel cédé. Les gens de finance savent racheter. En l'occurence, les malheureux vendeurs eurent d'autres pertes à subir, comme aussi les petits épargnistes venus à l'appel dès Gibiat, dos
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