JEAN LO~IBARD 1Q5 « Il existe, dit-il, une doctrine qui, sous le nom de socialisme, tend à continuer la tradition de la Révolution et à placer la Société sur des bases rationnelles et scientifiques. Cette doctrine qui a amené les mouvements ouvriers de 1831, de 1848 et de 1871, embrassée par des millions d'ètrcs humains de toutes les classes, mais principalement par la classe prolétarienne, remue en ce moment les esprits, soulève les consciences et se dresse dans ses négations anti-autoritaires comme dans ses affirmations scientifiques et socialistes contre le vieux monde, les vieilles théories, les vieilles idées: contre l'autorité, l'exploitation de l'homme par l'homme, le monopole des produits par ceux qui ne produisent pas, l'extension financière, l'anarchie intellectuelle, économique et politique, le joug des classes, l'inégalité des positions, l'insolidarité des inté,èts, l'égoïsme des gou:.. vernants. Son but est de replacer l'homme dans un milieu harmonique, bien en rapport arec l'idée de droit et de justice, et d'étal>lit· un édifice social sous lequel le producteur soit à l'ab1·i de l'ignorance, de l'insécurité du lendemain et de la misère sous toutes ses faces.)) Ni aux assises ouvrières de Pat·is. ni à celles de Lyon on n'avait tenu un pareil langage. Ayant ainsi posé le problème, le jeune prolétaire marseillais s'appesantit sur les douleurs et les contradictions de la situation actuelle : « La constitution d'un Etat ouvrier, voilà à quoi'nous derons songer avant tout. Le Quatrième-Et_at doit s'affranchir et remplacer le Tiers-Etat si puissant aujourd'hui. L'utilité de l'organisation d'un parti de travailleurs complètement séparé de tous les partis politiques, et groupant tous les prolétaire!; entre eux pour les profondes réformes inhérentes à l'établissement de leur classe dans la Société est ainsi démontrée et prouvée. Le Congrès ouvrier de Marseille, démériterait du prolétariat tout entier si le parti ounier ne surgis~ait pas de ses études et des vues de ses membres. Tont le clemancle. tout le réclame. L'organisation de ce parti des travailleurs qui est un besoin du temps, une idéfl de l'époque, permettra aux t1·arnilleurs de renverser· le rieil ét_atde choses qui leur est si cruel., Sur ce point, le rapporteur de la Commission insiste a,·ec une vigueur qui impressionne et achète de convaincre l'auditoire, lorsqu'il dit: « L'histoire des grands mouvements politiques nous dit que les classes ne sont a1·ri,·ées successi,·ement an pouvoir que lorsqu'elles sont sorties de la masse des autres classes et se sont détachées complètement d'elles ... » « La constitution d'un Etat ouvrier. voilà à quoi nous devons songer avant tout. Le Quatrième Etat doit paraitre en régénérateur sur la scène du monde ... La loi historique des évènements humains l'exige et le veut ... )) Après avoir ainsi donné au parti ouvrier en fondation son explication historique, ,Jean Lombard entre dans le cœur des conflits contemporains: « Nous avons parlé du ·renversement du vieil état de choses. Il faut, ici, dire tout haut ce que nous voulons. Nous demandons à renverser l'édifice économique que des milliers de siècles de misère font peser sur
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