14 LA REVUE SOCIALISTE rien n'a été réalisé encore et cependant les défectuositésd~s bains et lavoirs tenus par des particuliers n'ont fait que s'aggraver.(!) Mais les moindres réformes sont si lentes à obtenir, en l'~tat d'esprit de la Bourgeoisie dirigeante pour qui le gain individuel est le dogme, et le service public la monstrueuse erreur ! Nul ne se meut; même lorsque,-~omme c'est le cas, à Paris (nous aimons à nous en tenir à des exemples précis) pour les et principalement dans les quartiers où la population est en plus grand nombre. (( 2' Ces l~voirs seront pourvus de vastes séchoirs, robinets d'eau chaude, et enfin de tous les aménagements constituant un progrés en cette matière ; « 3° L'accës de ces lavoirs. séchoit·s, etc., sera absolument gratuit pour toutes les personnes qui s·y présenteront; « 4' Ces lavoirs ëtant créés surtout en faveur de la population ouuiére, des mesures seront prises pour que les patrons blanchisseurs n'accar,arent pas toutes les places à leur profit au détriment des femmes d'ouvriers; " 5° Des salles de bains chauds set·ont adjointes aux lavoirs, en ayant soin de réserver un plus grand nombre de cabinets pour les femmes ou filles d'ouvriers. ccLa gratuité existera pour les salles de bains comme pour les lavoit·s r,. (L) Un journal socialiste les faisait récemment ressortir pour cc qui a trait aux lavoirs publics en établissant une comparaison entre les lavoirs publics de Paris et les lavoirs municipaux de Londres. Dans le système individualiste parisien, le coulage ayant lieu la nuit, la ménagère est obligée d'apporter son linge la veille du jour où elle désire laver. Si encore l'opération se faisait convenablement, mais non, tous les paquets de linge sont amoncelés ensemble dans une immense cuve, qu'il faut de longues heures pour échauffer, et le linge des gens bien portants risque dans cette promiscuité d'être contaminé pat· celui de certains malades, s'il s'en trouve. Puis, lorsque la mênagére revient le lendemain occuper une place parcimonieusement mesurée, ce n'est qu'en payant un supplément qu'elle peut faire essorer son linge, qu'en payant encore, qu'on Je lui étendra dans Je séchoit·, a l'air libre. Notez que les cieux baquets en bois ùont elle a besoin lui reviennent déjà à 5 cent. l'heure, que l'eau chaude et l'eau de lessive lui coùtent 3 et 10 cent. le seau de douze à quatorze litres et qu'il est dangereux et malsain de faire sécher son linge dans le lo~is qu'on hahite. Ainsi, elle ne rentl'era en possession de son linge que le troisième jour seulement et ne pourra le repasser qu'à son domicile. A Loncires, ·au contraire, la ménagëre donne ~on linge au coulage en arri-. ,·ant au lavoir, où ses enfants - si elle en a - peuvent l'attendre dans unè salle d'asile; le linge de chaque pel'sonne est séparément, propren,ent coulé en trente minutes environ. Chaque piëce lavée dans des auges en faïences, où l'eau chaudtJ et froiùc se trouve en abondance, est aussitôt transportée dans un séchoir à air chaud, dont la case correspond avec le numéro de la place au la voir. Ce systéme, inappliqué d11.nsles lavoirs parisiens, sëche le linge ,,ite et bien, et pour le repasser fers et calendre sont mis à la disposition de la ménagère dans une salle spëciale. Le tout sans augmentation de prix (A. Germain, dans le journal le Pi·olétariat,
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