DE L'ESPRIT NOUVEAU ET DE LA MÉTHODE SCIENTIFIQUE 185 aspects différents : c'est par la répétition incessante des mêmes faits envisagés différemn;ent que nous arrivons peu à peu à les saisir dans leurs justes rapports et à leur prêter leur véritable interprétation. C'est ainsi que tout progrès que nous faisons dans une branche de la science peut nous ouvrir des horizons nouveaux dans une autre science, sur des points qui nous avaient paru obscurs jusque-là. Aussi, est-il très important pour qui veut comprendre le mouvement scientifique moderne de ne point se spécialiser dans un seul ordre de recherches. Il faut faire voyager son esprit dans les divers pays de la connaissance humaine, c'est le meilleur moyen d'élargir ses horizons, de lui inculquer la relativité comme l'analogie des choses, de lui faire sentir les différences dans les résultats suivant la diversité des influences. C'est de cette façon qu'un esprit non fermé par des idées préconçues, ~-e rendra compte des analogies dans l'évolution psychique et morale de l'homme. depuis la période préhistorique jusqu'à nos jours : Les ressemblances entre les mœurs des hommes primitifs et des sauvages actuels paraîtront encore bien plus significatives si on confirme ces ressemblances psychiques et morales par des ressemblances anatomiques et physiologiques. C'est en se pénétrant bien de la connaissance des races inférieures, c'est en étudiant leurs instincts, c'est en les observant dans tous les détails de leur vie mentale et sociale, que l'esprit arrivera sans effort à saisir les rapports, les analogies avec les races animales supérieures, dont les instincts, les mœurs nous montrent les mêmes particularités, la même physionomie que nos ancêtres et nos frères arriérés ou dégénérés. Quand un esprit se sera ainsi nourri de faits d'observation, quand il aura vu la vie s'organiser partout et toujours d'après les mêmes lois, produire, partout et toujours au fur et à mesure de son développement et de son perfectionnement, des instincts d'abord, puis une conscience rudimentaire et peu à peu une conscience supérieure, une moralité, en un mot, il lui deviendra impossible_ de ne pas admettre le même déterminisme dans la n:entalité et la moralité que dans la vitalité organique et dans l'évolution physique. Nous retrouvons donc encore ici l'application de la vraie méthode scientifique, avec l'observation, l'analyse, qui décompose les éléments d'un problème, d'une idée ou d'un fait, de façon à en simplifier l'étude, à en dégager la cause et la signification. Au lieu de commencer avec les métaphysiciens par affirmer l'innéité des facultés de l'âme et des idées morales parce que tous les hommes représentent les mêmes facultés et les mêmes idées de moralité ; il faut, au con_traire, analyser ces facultés et ces idées .,. morales, les décomposer en leurs éléments constituants, observer leurs différences dans leurs diverses manifestations à travers les âges et les races de l'humani_té, rapprocher ces mêmes facultés et idées morales envisagées dans leurs manifestations les plus simples, les plus
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