La Revue socialiste - 1891 - Tome XIV - vol 02

DES SERVICES co:w,IUNAUX 13 Ce résumé est do M. Leroy-Beaulieu qui naturellement gourmande fort les édiles parisiens à cette occasion, et il ajoute: « Il ne faudrait pas croire qu'il n'y a qu'en France qu'on commence à s'apercevoir du despotisme municipal, du gaspillage, du socialisme municipal. En Angleterre, les mêmes plaintes s'élèvent. Les municipalités anglaises se sout donné libre carrière dans un champ industriel. où autrefois elles ne s'aventuraient pas.» L'écrivain économïste précise: ce n'est pas seulement le gaz que les municipalités anglaises exploitent, mais aussi le service des eaux, celui des lavoirs municipaux et il se lamente fort de ce débordement de socialisme municipal qui n'est pourtant que le premier pas dans une voie nouvelle, où l'on marche il est vrai d'un pas décidé, au moins dans les pays anglo-saxons. Ainsi à Londres, à Manchester, à Liverpool et dans presque toutes les grandes villes anglaises, les bains sont en train <le devenir et les lavoirs publics sont déjà des services mun.icipaux depuis de longues an nées et ce à la satisfaction des intéressés. En France on ne va pas si vite. La proposition faite en ce sens par les conseillers municipaux du parti possibiliste a été repoussée; pourtaut la question est assez mùro, scmble-t-il. Dès 1850,une commission de savants pré$idée par le chimiste J. B. Dumas, se prononça pour la municipalisation des bains et lavoirs.publics, en s'appuyant surtout sur les bons résultats obtenus en Angleterre par l'application <lece système. Bien qu'une proposition formelle ait été faite en juin 1885 au conseil municipal de Paris par Vaillant,Joffrin et Chabert (1), Or, en employant dans un but. social les forces que la nature met à notre disposition et que les particuliers sont dans l'impossibilité d'employe1·, - leurs P.ntreprises, quelles qu'elles soient, n'étant pas assez considérables, - on obtiendra des ré sui tats extraordinaires. Par exemple, en se servant de la force motrice du courant du Rhône, on pourra facilemant obtenir l'électricité nécessaire à l'cclairage d'une rcgion Je la France. Ce que nous disons de l'électricité peut, tout aussi bien, être appliqué à l'industrie et a. l'agriculture collecfü·isèes, en employant les courants des fleuves, des marées, etc., etc. Une des choses qui nous ont lP-plus frappé à la dernièl'e Exposition uni ver selle de Paris, est le mol.eut· qui mettait en mouvement toutes les machines occupaut un pat·cours de plus d'un kilomètre. Voilà en petit, nous disions-nous, ce que sera la production collectiviste rlans chaque genre d'industri~. » (Argyriadès: Le Socialisme scienti(i,que). (1) Voici le texte de ce pt;ojet de résolution : « Le Conseil délibère: u l• Des lavoirs communaux seront ètablis dans tous les quartiers de Paris

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