166 LA REVUE SOCIAtISTE Mais les radicaux et le si hugolàtrc Camille Pellclan, ont dù trouver que Yictor Hugo les compromettait par son incontinence d'ins11ltes el de calomnies contre les vaincus ùe la Semaine sanglante. Qn'y avait-il donc de si étrange ùans l'acte de Victor Hugo, pour troubler ainsi les Pcssard de la Presse verMillaise? Est-ce que malgré les pressantes sollicitations de MM. Thiers et Favre, les ministres de la reine Yictoria et du roi Amédée n'ont vas ouvert leur pays, l'Angleterre et l'Espagne, à ces vaincus, qu'ils n'ont jamais insultés ainsi qne Victor Hugo? Personne n'accusèra ces hommes d'Etat de pactiser avec los socialistes et les ennemis de la propl'ié·Lé. En Suisse, en Belgique, en Angleterre, partout enfin, dc.s bourgeois, tout cc qu'il y a de plns bourgeois, n'ont-ils pas ouvert leurs bourses, pour secourir les proscrits sans pain et sans travail, cc qnc n'a jamais fait Victor Hugo, l'ex-proscrit million na.ire? • .. . Que les légitimistes, qni avaient nourri, choyé, prune, dL'COl'Yé icLor Hugo, conservent pieusement une amère rancu no contre le jeune Eliacin, qui les lù,C'hodi.-sque la révolution de 1830 leur arrache des mains la clef de la cassette aux pensions, rien de plus natnr0l. Qu'ils l'accnscnt de désertion, de trahison, rien de plusjust0. Cependant, le pair de France de la monarchie orléaniste, qui faisait porter à sa mère le poids de son royalisme, eùt pu expliquer son orléani. me par son amour de la morale et leur ùire: « Moi, l'homm<' tonjoul's fidèle au devoir, j'ai dù obéir aux commandements d·une morale plus hante quo la reconnaissance; j'ai obéi aux injonctions de la morale pratique: pas ù'argent, pas ùc suisse, ni de poète.» ~lais les anciens patrons do l'écrivain dépassent tonte mesurt, quand pour nuire à l'écoulement de sa marchandise parmi les gens pienx, ils le calomnient et l'appellent un impie. Rien de plus faux. Yictor Hugo oùt le malheur de naître de parents impies et c1·êtrc:C:•levéau milieu des impies. Sa mlirc ne lui permit pas de manger du Bon Dien tl), mais lui donna, en revanche, p0lll' professeurs, des prêtres sceptiques, qni pendant la Révolution avaient jeté anx orties la sou Lane et le bréviaire. Et cependant (1) La brigande Vendccnnc était une Voltairienne décidce: A Ma<lrid, elle plaça ses enfants au collège des nobles. mais « s'opposa ènergiquement malgré la résistance <les prêtres directeurs, à rc qu'ils servissent la messe comme les autres élèYes et dcfcudit mfme qu·on fit confesser et communier ses enfants,,, (Tïcto1·Jfogorac. \'ol. I. HH).
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