156 LA REYUE SOCIALISTF. le dernier mot occupe souycnt une ligne entière. On gêlg-ne aussi sur les lignes, en soulignant, sui' une ligne blanche, bien entendu, les dive1·s titl'es ; on écrit en letlres tout ce qui peut être écrit Rn chiffres. A l'appui de nies dires, que l'on compare, dans certaines• éludes, les minutes des acles du commencement du siècle, et mème de '20à 30 ans de da le, avec celles d'aujourd'hui; on y ver1·a combien les premières demandaien Lpeu Je· tex les d'écrilures; elles renfermaient ce qui seul était nécessail'e pour l'intelligence des conventions. On ne songeait pas encore aux rôles, en les écri van L. Et si ces.rotes, qu'on allonge pêlr l'habilude de faire le rôle, en l'élevant à la hauleu1· d'un art, sont taxés par le décret du '17 février 1807, à 3 francs à Pal'is, 2 francs dans les villes où il y a un tribunal civil, el. l fr. ~O cent. parlouL ailleurs, la perception dépasse ces prix dan8 certaines villes oü les notaires se font pnyer plus de deux francs le r6le. Ils ne sont pas les seuls coupables: ils ont la complicilé de l'Etat, qui vend fort elle!' son mauvais papiel' timbl'é, el ne demande pas mieux que d'écouler sa mal'cl!andiso. En l'espèce, le dit .Elat a deux poiJs et deux mesures, en la personne des représentants du fisc; si le notail'e met à la page plus de vinglcinq lignes, et plus de quinze syllabes à la ligne, il encourt une amP.nde, car il fait Lorl au fisc; mais quand il gùclie ce nH~me papier au préjudice du public, et au bénéfice de l'Etat, celui-ci ne dit rien el laisse faire; il y a tout intérêt. Passons mainlenanl aux droits de vacation. Ileau chapitre qui pl'Oduit de jolies sommes en dehors des honoraires des actes: préparations de comptes, conféron~es avec le client el les intermédiaires, tels qu'avocats, avoués, bailleurs de fonds, emprunteurs, receveurs d'enregistrement, percepteurs: temps pour correspondances, déclara lion de succession. Ce sujet est très élastique dl le bon Pt confiant client c1·oilque toutes ces dé111arcl.es,plus ou moins sincères, sont comprises dans le trarnil de rédaction de l'acte, et ne donneril pas lieu à une au~menlalion d'honoraires ; il s'en aperç·oil rarement. .. Etonnons-nous donc que les prix des études de villt>sou de gl'Os bourgs progressent indéfiniment. Le notaire faiseur s'arrange pour en élever les produits, en tirant la quinles~ence <les affaires; puis, quand il vend son élude, je devrais dire son pressoir à client, il dil à son successeur, qui accepte: mon étude rapporte tant. elle vaut tant. Ce demier, pour amortir un prix d'achat fabuleux, el gagner à son tour sur la revente de l'élude, continue le pressage ùu client.
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