150 L.\ REYUE SOCI.\LISTE affaires donLla conclusion a lieu ùans leurs éludes; cerlnins notaires ne peuvent faire ct'acLes,qu'en opéranl ainsi. , .Jepasse, de la physionomie du nolaire par classe, à la pliysionomie générale de ce fonclionnai1·e. Le jeune homme, qui veut devenir notaire, doiLse met lre en devoir de Lrouver une élude; s'il a le choix, il se décidera, suiv;rnLsa posilion de for·Lune,ses espérances el son nudace. Conlrairemonl aux fonctionnaires de l'Etat, qui gravissent des échelons, il se classe Loul d'un coup; il gagnera cinquante mille francs par an, ou mille francs seulement, le LouLdépendra du choix qu'il a fait ou pu faire. Beaucoup perdent leurs illusions quand ils voient les choses de p1·ès,el ils ne lardent pas à se décou1·ager el à se défaire do leurs études. C'est ce qui explique les mulalions incessantes; en moyenne, le même uolaire n'occupe pas une élude plus de huiL ans; en un mol le personnel se renouvelle complèLemenLdans Loulela Frnnce, quant au nombre lolal des notaires, rnais non quant aux notaires eux-mêmes, cela se conçoit. • ELqui l'encouragera il? Il esLseul, isolé; il a des collègues, pas des confrèr·es, el souvent des cont1ils ave~ eux. Les chambres de disdpline font des règlements, loujou1·s dépourvus de sanction: en auraient-ils? ils n·empècheraienl pas les nolnit-es malhonnêtes de faire, par des moyens détournés, une concurrence déloyale à leurs collègues. Le code pénal luimème, malgré ses sanctions, n'a jamais empèché. un coquin habile, de glisser à lrave1·s ses mailles, el d'étaler impunémcnL ses infamies au grand jour. Quant au ministère public, il n'inler\'ienl que lorsque le notaire commeL des abus de confiance ou des faux: il est désarrné devant toutes les autres Yilaines actions du notnire mnlhonnêle. Un aulre notaire persévérera, mais il aura vécu de privations, s'il est honnèle; quelquefois il laissera, en mourant, ::-a veuve et sP.senfants dans la plus profonde détresse : aussi les assemblées de::;notaires 0111, de îemps en Lemps, celle audition affligeante: la leclure d'une pétition de cetle mall1eureuse veu\'e, exposanL sa misère, el sollicitant un secours de 100 fr.!! Un aulrc meurL au cours de sa poslulalion; è'esl presque toujours un désastre pour s11 famille; les formalités, pour pourvoir à son remplacement, sont désespéranles, dans l'état de la législolion sur le notarial. PendunL ce Lemps, les clienls désertent l'élude, qui se vend à perte; certains candidats, du resle peu ~e1·upuleux,atlenden l celle na Lurede vacances, pour acquérir·~,vil pri'-, battant monnaie sur· un deuil de famille.
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