LES DESSOUS DU NOT1R1AT 151 ljne variélé de nolaires, c:e sonl les impl'évoyants, el. ceux qui onl succombè à loutes les lenlalions malsaines qui existent ùans nos sociélés modernes. Ceux-ci deviennent les épaves du notariat: ils flot lent quelque Lemps au vu du public, comme Loule épave; ils .disparaissent ensuite: leur fin est un mys~ère. D'autres c,nt pris des arrangements avec leurs malheureux créanciers: le scandale est étouffé. D'autres encore ne veulenl pas renoncer à leur bien-être: dépositaires de sommes considérables, longtemps ils ont caché l'emploi qu'ils en ont fait, tels que jeux de bourse, plai5irs de t0utes nêltures, en en servant les intérêts, prélevés sur les capitaux eux-mêmes; jusqu'au jour où un créancier, las d'attendre, a eu acculé ce notaire ~!ans ses derniers retl'anchemenLs. Celui-ci prend alors un parti héroïque: il convertit en numérair·e tout ce qui se trouve à portée de sa main; el il met la mer entre lr.i et ses méfaits, pour en assurer l'impunité. L'Egypte est la terre de prédilection où vont échouer ces épaves; ils y exercent les métiers les plus diver:;, el je pourrais en citer un qui, pourvu d'un peLil filet de voix, montait sur les planches d'un « Beuglant» de la ville du Caire. Enfin d'autres out été victimes de la Crise Agricole. Le journal le Lyon Rcpublicain, dans le numéro du 19 août 1888, contient un article intitulé : (( Département du Nord, Situation économique, Crises diverses » dans lequel on lit la phrase suivante:« Crises dans le notal'iat: Nout; ne compt'ons plus les officiers ministériels qui mettent la frontière entre eux et la justice. » Suivant une pratique habituelle, ces notaires ont. été des intermédiaires entre prêteurs et emprunteurs; ils rédigent les actes d'emprunt qui leur procure de beaux· bénéfices et amènent une suite d'affaires ; généralement le prêteur s'en rapporte au notaire; il ne connait même pas l'emprunleul'. Si le notaire est léger, imprudent, s'il cède à· la tentation de faire beaucoup d'actes el d'affaires, les capitaux engagés sont en péril, et à la merci du moindl'e changement économique. C'est ce qui a eu lieu lors de la crise agl'icole : des vignoblés, des domaines de 200,000 francs sont tombés à 2O,ûQOfrancs, perdant les neuf dixièmes de;leurs valeurs. Les prix de ventes de ces domaines n'ont pu couvrir les dettes hypothéct>.ires qui les grevaient, .et les notaires, qui avaient fait ces opérations, et qui étaient eng:igés ont été ruinés. Ils n'avaient plus qu'à lever le pied, en emportant quelques bribP.s du naufrage. Un d'eux, cependant, a sacrifi~ tout.son .avoir et celui.de s.a.femme, pour
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