LES DESSOUS DU NOTARIAT 110 Ce notaire a. aussi un avoué qui lui est tout dévoué, parce qu'il y trouve son intérêt. Tous les deux marchent à l'assaut, qui des actes, qui de la procédure, et voici ce qui se posse : quand le raba lleur du notaire lui a signalé une affaire de famille. telle que partagP-, succession, etc., celui-ci trouve le moyen de s'insinuilr dans celle famille; s'il est suppléant du juge de paix, il préside les délibérations du conseil de famille, el se commet. lui-même pour faire l'inventaire, qu'il fait de suite, pour tenir la famille; neuf fois sur dix, les parties sont loin d'être d'accord, s1 1rlout à la campagne; il n'emploiera pas son influence pour aplanir les difficultés; loin ùe là, l'affaire pourrait lui écllapper, et ne lui échapperait-elle pas, qu'P-llene serait plus aussi productive; c'est alors que, sur les indications du notaire, l'avoué entre en scène, avec le cortège des référés, des assignations, etc. La famille divisée tombe dans le Lr:1quenard, que les deux compères lui ont tendu, avec les mailles subtiles du code de procédure et du code civil; elle devient leur proie, et laisse entre leurs mains les plus belles de ses plumes. (Juaod le notaire est aussi maire, il est assuré <l'enlever beaucoup de contrats de mariage à ses collègues: mariant les époux il P-lèvera des difficu!Lés pour la célébrnlion Ju mariage de ceux qui ne lui auront pas fait faire leurs contrats, el il les mariera eu rechignant. La crainte de ces contrariétés lui amène ainsi des contrats qui n'auraient pas eu lieu en son étude. Si j'aborde les notaires des moyennes villes el des grandes villes, j'y retrouve toujours le noldire de la Nouvelle Ecole, employant les mêmes procédés: mise en mouvernent dé rabatteurs, luxe de mobilier, luxe de clercs, que paie le client; dans les villes de facultés de droit, encombrement des études par des étudiants, qui ne sont qu'amateurs, ne font rien, et ne font bien que dans le lableau. Mêmes réclames par voie d'affiches et de placards, aux frais des clients. Ces notaires, qui occupent le sommet de l'échelle, réalisent souvent des bénéfices scan_daleux, en opérant ùans un milieu plus riche. Aussi il~ ne sont plus les modestes tabellions d'autrefois: ceux-ci étaient le vieux jeu. Ils vivent comme les rois de la banque: leurs vastes logements sont somptueusement meublés; ils ont coupé, chevaux, loges au théâtre, maîtresse dans ses meubles; nouveaux Mécènes, ils encouragent les arts et se font des galeries de tableaux. A leur tour, ils sont envahis par les notaires des cantons voisins; dans l~s quatre ou cinq grandes villes de France, ces notaires accourent un ou deux jours par sem::iine; ils ont un pied-à-terre, qui chez un avoué, qui cllez un huissier; c'est là qu'ils brassent et mitonnent les
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