La Revue socialiste - 1891 - Tome XIV - vol 02

134 tA REVUE SOCIAtIST~ donner ou àne pas retireranx ouvriers.-De même que l'homme trouve le bonheur dans le déploiement harmonieux et durable de toutes ses facultés dans leur ordre d'excellence, ùe même dans une nation la prospérité collective a pour condition première le développement harmonique des forces individuelles, de même aussi dans la fédération des Etats dn monde civilisé, le bien commun est subordonné aux lois normales do croissance des nations qui la composent. * Cependant la tutelle de l'industrie doit cosser à l'àge du plein développement (,conomique et la liberté commerciale àoit rester le but vers lequel tendent les nations qui se trou veut à peu près au même point de force industrielle. - En attendant l'union fédérative de tous los Etats civilisés du globe, les conventions diplomatiques, les traités de commerce, les assemblées et les alliances do l'association internationale des 1.r1-t.vaillours préparent l'heure où sera signé un pacte do garantie, permettant le libre-échange, l'ordonnant mème pour le plus grand bien des hommes, - dernière étape qni conduira au· Collecti visme, rfgime pendant lequel les produits s'échangeront véritablement contre des produits, au plus grand avantage de la répartition égalitaire entre tous. Alors la production étant réglementée et soumise à une direction scientifique, calculée sur l0s besoins de la consommation, et l'existence de tous étant légalement assuré·e, il n'y aura plus à craindre, en régime ·de libre-échange socialiste, ni la réalisation des fàcheuses conjectures de M. de Laveleye, ni le triomphe du plus fort, c'est-à-dire on l'espèce, l'établissement de suprématies industrielles et commerciales accaparant le marché, jouissant d'un monopole d'offre, et finissant par faire payer aux consommateurs des prix de monopole. Malhelll'ousement nous sommes encor0 loin de cet Etat idéal. * * * Le libre-échange devant s'imposer fatalement un jour ou l'autre, il n'en est pas moins vrai que la nation qui s'y serait préparé0 la première, serait certainement la moins sensible ù la transition et garderait sur les autres une sup<'.-riuritédo longue durée. C'est ce que n'ont voulu comprendre ni le gouvernement ni la Chambre qui, malgré quelques concessions ù la modération très relative dn gouvernement, a préféré donner son estampille à un hideux. protectionnisme.- Ces Messieurs de la Commission

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