REACTION ET PROTECTION 135 des Douanes, ne se sont pas trouvés embarrassés par les plaintes et récriminations réciproques des diverses industries, le.a; unes productrices, les autres consommatrices des mêmes matières. Avec une étonnante liberté d'esprit, et. une légèrP-té de cœur qui ne serait qne ridicule si elle ne devait pas être aussi désastreuse, ces prétentieux enfants terribles du protectionnisme ont pédantesquement tranché toutes les nombreuses difficultés, vresqu'uniquement inspirés par le saint esprit du pape du Mérite agrieole. Avant de procéder à l'établissement des tarifs, il aurait fallu minutieu~ement étudier l'ensemble de ce qui constitue la vie économique du pays; il aurait fallu peser tous les intérêts divers, également respectable.-;: intérêts commerciaux, intérêts industriels, intérêts maritimes, intérèts de la consommation, iutérôls ·ouvrier.s. Avant d'adopter des tarifa tels qu'ils fussent et de les soumettre à l'approbation du Parlement il aurait fallu les comparer à ceux des nations étrangères afin de nous ménager la pos~übili té de traiter de nouveau avec elles. De parti pris presque rien n'a été fait, et le peu qui a été fait l'a été fort mal. Jusqu'à présent nous nous sommes abstenus de donner des nombres, et nous continuerons cette tactique de sobriété, afin que l'on ne puisse pas également nous accuser d'avoir voulu faire illusion par d'habiles groupements de chiffres. Nous persisterons donc à nous montrer tl'ès avares de citations numériques. D'ailleurs pourquoi citer les uns de préférence aux autres? Les lecteurs que les chiffres intéressent les trouveront à foison dans les élucubrations de la Commission des Douanes, et ils pourront les comparer dans l'Officiel à ceux donnés par les discours de MM. Lock.roy.. Léon Say, Raynal, Aynard, Ch. Roux, etc. De plus lorsqu'on veut analyser avec fruit les stll;tistiques, il convient d'en examiner avec beaucoup de soin les principaux éléments; c'est ce qu'il nous est impossible de tenter en cet essai. Dans ces substantielles notes nous résumons simplement nos impressions générales, dont la· conclusion, basée tant sur les travaux de la Commission des Douanes que sur les objections qui leur ont été faites, est la suivante: La thèse générale de M. Méline ne tient pas debout. IL est inadmissible qu'on venille soustraire l'industrie d'une nation ù toute concurrence venant du dehors. La face du monde s'est renouvelée par l'extension de la navigation à vapeur, les chemins de fer, les applications de l'électricité, le cosmopolitisme financier et ouvrier, l'énorme circulation d'argent et de personnes; la France a un total d'exportations
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