132 L.\ REVUE SOCIALISTE « le pays m~me d'autres produits auxquels ils veuillent consa- « crer leur surplus, condition qui peut très-bien ne pas se réali- « ser. Mais, diront les économistes, si l'Allemague vous envoie tt ses toiles, vous devrez lni envoyer de nouveaux produits en (\ paiement, car les produits s'échangent contre des produits. << c·est vrai: nous enrerrons, en effet, aux ouvriers allemands <t qui nous fournissent désormais la toile, le~ subsistances que << nous donni0ns avant à nos propres ouvriers. Le commerce « international sera donc en équilibre. L'échange se fera sur le « pied de l'C:•galité.Les consommateurs pourront satisfaire de « nouveaux besoins, leur bien-être sera augmenté comme par le « progrès de la machine. Seulement il y aura cette différence, « que la Belgique aura perdu la moitié rle _seshabitants. » Il est évident que la concurrence inégale modifie la distribu lion du travail et du capital entre les Jtations et que la liberté commerciale risque de d<•pcupler lrs pays dont les industries ne sont pas en état de soutenir la concurrence, parce qu'ils deviennent tributaires de !'Etranger.- Dernier argument qui nous laisse assez froid, car nous ne comprenons pas que des obstacles administratifs, des obstacles douaniers Yiennent agir clans un sens contraire ù l'impulsion hnmanitairf' donnée par l<' perfectionnement des voies de communication, et les progrès de la civilisation confluant tous vers le Socialisme. Voilà ponrquoi notre libre-échangisme n'est pas celui de Stuart Mill, encore moins celui de Bastiat. Nous vonlons l'apaisement des haines et des vengeance::; internationales, la di:sparition du danger des invasions, partant l'amoindrissement progressif des arme men Ls terrestres et maritimes, des imp<',ts et des emprunts, et <le::; tarifs douaniers qui se traduisent par la hausse des prix, c·csLà-dire. par les privations et la misère. L'on a souvent opposé le libre-échange intransigeant do Bastiat an libre-échange transactionnel d0 Stuart ~Jill. Pour notrn éclectisme c'est peut-être un tort, car ils se complètent l'un l'autre. Tous deux déterminent la valeur d'après le coùt relatif Je prodnction. (Stuart .i\Iill ajoute très scn:-sément comme détcrminaot la -raleur effective, le jeu de l'offre et de la demande). Bastiat afTirmc que les p~ys dont l'infériorité industrielle est la plus grande sont ceux qui anrairnt le plus ù gagner à la liberté des échanges. Stuart Mill aillrme que les pays qui ont le plus à gagner à la liberté commerciale sont ceux dont les produits sont le phis demandés par les nations étrangères, et qui au contraire ont le moins besoin de leurs produits. Ils ont raison tous deux, pour des motifs diffërents; lenrs vues, loin de s'opposer, se complètent heureusement. Les nations pannes,
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