La Revue socialiste - 1891 - Tome XIV - vol 02

DES SERVICES co:rn11UNAUX ç, 1.500 fr. = 535 millions, soit six capitaux et demi pour uu. Est-ce assez honnête (1) ? L'intérêt de la Ville. Les nouvelles propositions ne présentent aucun avantage dfrect à l'administration municipale même, en compensation de l'inconvénient de se lier les mains pendant cinquante ans. Bien loin de là. En 1905, la Ville entrera en possession : 1° De tous les bénéfices d0 l'exploitation actuelle;• 2° De sa part dans les immeubles et le matériel; 3° De l'accroissement qui se sera produit dans les bénéfices en vingt ans, accroissement qu'on ne peut évaluer au-dessous de 20 millions de francs. La Ville devra alors rembourser 200 millions à la Compa- (1). Pour qui va nu fond des opérations financières de la fameuse Société, les majorations sont autreme1it scandaleuses. Voici ce que raconte Chirac en substance: En 1855 le capital de la Société fut fixé à 55 millions dont 40 millions en papiei·s d'apport et 15 millions en titres souscrits. Dès 1860, dit Auguste Chirac, les actions de 500 francs se vendaient couramment à la Bourse 82G francs. Si ùien que les six sociétés à qui ·on avait fait cadeau des 40 millions en papiers d'apport voyaient leurs 40 millions ,·aloi1· plus de 66 millions, d'où en cinq ans, une prime de 26 millions. Ce n'était pas assez. li y eut une nouvelle émission de 58,000 actions au pair, c'est-a-dire à :iOO francs exclusivement réservées aux anciens. Pereire était embusqué dans son Credit mobilier, et avait besoin d'une émission. Il émit 58,000 actions, dont 55,000 au pair, c'est-à-dire à 500 francs exclusivement résenées aux anciens actionnaires, c'était donc un cadeau de 32G fr. par action. Quant au public, il achetait les 3,000 actions supplémentairC's (pour faire 58,00ù) aux cours cotés, 900 et 1,000 francs, etc ... En 1863, cette action se Ycndait couramment 1725 francs, l"émission avait été monopolisée par les ancieus actionnai1·es qui s'octroyèrent ainsi le petit bénéfice de 1,225 francs par titre. Ils avaient déja reçu 40 mï°llions qui étaient devenus............................................ 138.000.C00 et on leur donnait . . . . . . . .. .. . .. . .. .. .. . .. . .. . .. .. . .. .. 67.375.000 Au total....................... 205.375.000 Est-ce tout? Nou, ce n'est pas fini. En lSï0, on dédoubla les actions, et les anciens actionnaire3 purent réaliser toutes leurs actions sans se dessaisir d'une seule, ce qu'ils firent. C'est ainsi qu'aujourd'hui la famille Margueritte, par exemple, peut posséder 81)millions en actions du gaz a1Jrès avofr réalisé pareille sùmine, grâce aux cours pratiqués en Bourse. Le même calcul, effectué pour la masse <l'es actionnaires, dcmontrc que les 206 millions de 1S63sont devenus 410 millions, lesquels ont pour origine un versement réel de 15 millions environ en 1S55 et un apport à. la même date de 40 millions d'anciens titres.

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==