La Revue socialiste - 1891 - Tome XIV - vol 02

8 tA. REVUE SOCIAtISTE 3° La Ville reçoit, en outre, un droit d'odroi d.e 0,02 c. par mètre cube de gaz consommé, une somme fixe de 200,000 francs pour location• du sous-sol de la canalisation et une indemnité pour les appareils de l'éclairage public qui lui appartiennent. En 1884, la Ville a encaissé, pour l'ensemble de ses charges, 6,101,429 francs; 4° La canalisation tout entière, à l'expiration de la concession, appartient en pleine :r:,ropriété à la Ville; quant aux terrains, usines et outillage, elle a le droit de s·en r0ndre propriétairr iL dire d'experts. La moitié du bénéfice net, réalisé sur ces terrains, usines et outillage, doit lui revenir. On estime que cette moitié, tout passif acquitté, représentera 200 millions en 1905; 5° La Compagnie est tenue de faire profiter l'éclairage public et particulier de tout abaissement du gaz résultant de nouveaux procédés de fabrication ; 6° La Ville a la faculté de concéder le droit d'exploiter tout nouveau mode d'éclairage, sans indemniser la Compagnie. Cela parait presque équitable à première vue; mais il faut vite remarquer que la Compagnie s'est taillé la part du lion, en quadruplant le prix du gaz (l). J\'éanmoins bien des clauses la livrent à la discrétion de la Yille; telle la faculté de concéder le droit d'exploiter tout nouveau mode d'éclair.age, qui pourrait ruiner la Compagnie actuelle. Aussi, cette dernière manœnvrct-elle pour une prolongation de concession. La première fois que c0tte prétention se fit jour,un économiste, dont pourtant le libéralisme ne saurait être mis en doute, M. Fournier de Flaix y répondit comme suit: « Les actionnaires de.la Compagnie ont réalisé un bénéfice si merveilleux qu'il est peu séant de leur en offrir un nouveau. Ils sont 33G,000 ayant versé 81 millions, ces 330,000 actions représentent actuellement au cours de (11 . En effet, le gaz que la ville de Faris paie 13 centimes et les r.onso mmateurs parisiens 30 centimes, ne coùte que O! centime3, à la ville de Bordeaux et 21 centimes aux consommateurs bordelais. Notez, cependant, que la compagnie bordelaise du gaz n'a pas fait un marche de dupes. « Aujourd'hui, ecrivait Fournier de Flaix en 1886, bien que la concession n'ait que 18 ans à courir, les actions ùe la Compagnie sont à l .50U francs et les obligations sont introuvables. Les parts de fondateurs ont reçu en 188!, 333 francs chacune. La comparaison suffit, croyons-nous, à d~montrtr que le commerce parisien n'a pas si tort de se croire volé par la Compagnie du gaz ùont ce n'est pas le seul méfait. Ajoutons vite que les prix de Bordeaux n'ont rien d'exceptionnel. Le gaz (municipalise) se vend 8 centimes à Bruxelles et 13 centimes à Londres,

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