LA REVUE SOCIALrs·rE de 53 fr. 40 à 53 fr. 80. Il en coûte 5 fr. 20 de plus aux vins français pour venil' de Cette à Paris qu'aux ,·ins étrangers pour aller de Yalence à Paris par Cette. Il en coûte lo fr.50 de plus aux premiers pour venir de Perpignan qu'aux second pour venir de Yalence. Les légumes frais d'Hyères à Paris payent 186 fr. 25 et de Milan à Paris 166 francs. A ces faits et d'autres semblables, 1\[. Noblemail'e répond que les tarifs doivent avoir une base kilométrique décroissante et que si une marchandise paye tant par kilomètre pour un parcours de 500 kilomètres. elle doit payer moins par kilomètre si le parcours est double. - Malheureusement pour le directeur du P.-L.-1\I. et pour sa thèse, l\I. Pelletan cite des exemples bien étranges. Les fromages secs du Doubs payent pour aller à Modane (frontière d'Italie) 13 centimes par kilomètres, pour un parcours total de 300 kilomètres tandis que les fromages de Genhe payent pour aller à Modane juste la moitié 6 cent. l /2 pour un parcours de 200 kilomètres. Yoil à la théorie des bases décroissantes complètement oubliée, dès que l'intérèt des actionnaires est en jeu. li est uai que ce tarif a été modifié ; la Compagnie s'en fait gloire, mais elle oublie d'ajouter qu'elle a cédé aux injonctions de la Chambre et du l\linistre des travaux publics. ~fous ne pouvons entrer dans tous les détails et citer les nombreux tarifs qui sont ruineux pour l'agriculture Française, mais retenons ceci seulement: C'est que l'Etat, c'est à dire le pays a arancé à cette compagnie sous forme de subvention la somme formidable de 730 millions et que chaque année les 341 millions qui forment son capital social reçoirnnt un dividende de 12 0/0 au minimum. Après le P .-L.-M. le Jlfidi. En 1883, an moment où se· négociaient les trop fameuses conventions, la prospérité de ce réseau était ou paraissait considérable. Aussi. le Directeur disait-il à l'Etat: « J'ai de gros excédants, je mis augmenter sensiblement les dividendes de mes actionnaires, qui deviendront supérieurs à ceux que vous me garantissez. Sije me charge des déficits du quatrième réseau que vous me proposez de créer, garantissez-moi le diridende que me donnerait la prospérité croissante de mon exploitation. » Et, sur la demande de {II. Raynal, on accorda deux millions de garantie de plus aux actions du 11Jidi. A peine le contrat signé, la prospérité s'érnnouissait aussitot; la garantie entrait en jeu et les contribuables payent les millions accol'clés en trop. Ara.nt les conrentions. le rapport des dépenses aux recettes était de 4î,35 % . Après les con\'entions, ce rapport change brusqu~ment et devient de 58 56 %. Quant au quatl'ième réseau, on le construit le plus lentement possible, afin de ne l'exploiter que très tard. M. Pelletan consacre ensuite une longue lettre à l'accaparement des voies navigables par la Compagnie du Midi, de façon à forcer toutes les marchandises à prendre la roie ferrée. La question des tarifs et du droit pour l'Etat de fixer ces tarifs fait l'objet d'une étude très documentée. Les Compagnies prétendent que l'Etat a passé pour cent ans des contrats avec elle, et qu'il ne peut, sans leur permissiun, modifier en rien le régime des voies ferrées. Les chemins de fer sont pour chaque pays d'une importance trop capit,de pour qu'une telle intervrétation puisse être admise. Certainement l'Et;i.t, d'après notre
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