ltt:YUE DES LIVRt:S 121 toirc des démocraties antiques. C'est la lutte des riches et des pauvres qui les a perdues, comme elle nous perdra, si l'on n'y prend garde ... » « Vous proclamez que tous les hommes sont égaux en droit et, etfectirement, \'Ous accordez à tous le suffrage, ce qui permet aux masses de nommer les législateurs et ainsi de faire les lois. En même temps, les économistes leur répètent que toute propriété vient du travail, et cependant elles ,·oient que, sous l'empire des instituti,1ns actuelles, ceux qui travaillent n'ont point de propriété, tandis que ceux qui ne travai!lent pas vivent dans l'opulence ... Les premiers forment la g-rande majorité: comment les empêcher d'employer un jour la prépondérance dont ils disposent pour essayer de changer les lois qui pré~ident à la distribution de la richesse, de façon à mettre en pratique la parole de saint Paul : « Qui non laborat manclucet? « A mon sens, ajoute-t-il, les démocraties modernes n'échapperont à la dcstinéP, des démocraties antiques, qu'en adoptant des lois qui aient pour effet de répartir la propriété entre un grand nombre de mains et d'établir une grande égalité de conditions. Il faut arrirer à réaliser cette maxime supérieure de la justice: A chacun suivant ses (rmv1·es, de sorte que la propriété soit réellement_le résultat du travail, et que le bien-être de chacun soit en proportion du concours qu'il apporte à l'œuvre de la production. » Voilà de sérieux pronostics et en même temps de très sages conseils. Je terminerai en engageant les hommes qui ont sous la main les destinées de la démocratie française, à méditer ces paroles qui empruntent aux circonstances actuelles une importance qu'il est impossible <lenier. Les réformes sociales profondes s'imposent aujourd'hui comme la sauvegarde T!lème de la civilisation. La préface du livre de M. de Lareleye semble ètre comme la préface de l'histoire de demain. E. RAIGA. Questions de Chemins de fer. - Lettres adressées par 1\I. Camille PELLETANau journal La Voie_Fe1-rée (Paris, 43, Rue Taitbout. -· Prix: 1 fr. 50). Rien n'est plus intéressant et plus piquant que l'opuscule que nous présentons à nos lecteurs. li est difficile de défendre arec pl us de verre, de pénétration et d'esprit les intérêts de l'Etat et du public. La p~·ose de M. Pelletan est le bon s~ns et la rérité mêmes, mais le bon sens armé de pointP,s qui souvent entament cruellement l'adversaire. Le premier chapitre est consacré à une polémique en règle arec 1\1. Noblemaire, directeur général de la Compagnie P .-L.-M. Il s'agit des tarifs de pénétration, ces tarifs qui favorisent l'entrée en France des marchandises étrangères, sorte de protectionnisme à 1·ebours. En voici des exemples : Une tonne de vin paye 52 fr. pour venir de Palerme ou de Messine à Paris. Pour venir de Nice ou de Toulon à Paris, elle payera
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