La Revue socialiste - 1891 - Tome XIV - vol 02

116 L.\. REVUE SOCI.\LISTE de Lellesénorn1ilés; on se conlenle de les ciler pour l'édificalion Jes lecleurs de bonne foi. Elles onl fait le Lourde la presse ces lignes généreuses el vengeresses du maiLre chroniqueur Aurélien Scholl contre les cruaulés inuliles de la vi viser,lion: La fourriè.l'e fournit sept cent cinquante chiens à la vivisection; les autres sont tués à l'intéi·icu1· de l'étalllissement. .'ous i\I. Camescasse, qui était bon, on les asphyxiait: ils exhalaient sans douleur leur bonne âm~ de chien. On m·affi1·me que. aujourd'hui, le système de la pendaison a été mis en vigueur; tant pis. c·est encOl'Cl'anglomanie qui nous vaut cela. En fait de science, je ne saul'ais ètl'c un obstructionniste; mais encore ne faut-il pas se mont1·e1·t,·op pt'odigue, et la compassion doit jusqu'à un rcl'tain point s'immiscer clans les abus de l'investigation. La sriencc n'a p,is IJcsoin de clrchiqueter viyants sept-cent cinquante chiens pat· an, ou. du moins, qu'elle nous drmontrc qu'rlle ne prut progresser â moins. t·J'\ jc11nr doctcttl', qui fait de la YiYi::.-ediun (rrchrrchc <les mierohrs). me parlait dernif'l'cmcnt d'un opérateut' qui tl'Cwaille dans une salle contiguë à rrlle où ont liru srs opfrations. Ce médecin (il me l'a nommé), fait du satanirrue pl11tot qur cle la rivisedion. li consomme un nornlirc prodigieux de chien., les scie, les tenaille, leur rnlèvc les musrle,; un à un au moyen d'une pi nec. Cc sont des (·ri,; épouvantables, ries cris humains! ... Et., frissonnant malgré lui, cet homme qui étudie aussi sui· le Yif rut un frisson et fit : b1T1·ou ! ... Eh bien ! cc docteur est un Gille de Rais tout comme l'aut1·e, celui cite;,; qui l'on trouva deux cuves remplies d'ossements et de cadavres d'enfants violés et mutilé~. Ces :.ibominaLions qni sonl unE' Lare pour la France démocraLique ne peuvent plus se produire en AnglE>lerre el en Allemagne. En ces pays le cul le de la science n·a pas empèc!1é une opinion publique éclairée d'oblenir qu'une législalion sévi->re interdise aux expérimenlaleurs de transformer leurs cabinets d'éludes en salles de LorLures.En Fr:rnce lorsqu'une voix,compCtLissanle s'esl élevée pour prêcher la pilié, on a vu des bandeR d'étudianls devenus subilement épilepliques se contorsionner el pousser des cris d'animaux, et empêcher Loule discussion. Pour ces gens-là, l'humanité el la pilié sont à coup sûr des choses ridicules. On le voit aussi il la façon donl les médecins et cê'lrabins trailent les malades des hôpilaux, pour eux simples sujets d'expérience, dont les souffrances el la vie ne comptent pas. ün de ces Peaux-Rouges de labornloire a élé fouaillé comme suil par Aurélien Scholl dans l'article que nous citons: Les tourmenteul's sont toujoul's des lâches. J'ai vu, il y a cinq ou six ans, un jeune médecin, aJJprenti chirul'gien, qui venait tous les soirs, vers six heures, fumer un cigare au bureau d'un journal. Fanfaron, vantard, riant

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