A TRAVERS LA PRESSE 115 géné1·osité. A1,1jourd'hui, avec les boyards modernes, le paysan. ne peut plus s'attendre qu'à la plus impitoyable exploitation. Apl'ès avait' peiné pendant toute l'année, lui, sa femme et ses en:·ants, en fournissant un tl'avail quotidien allant même jusqu'à 16 heul'es, ces malheureux. esclaves mode1:nessont à l'entrée de l'hivel' sans vêtements et dépoul'vus de tout moyen d'existence. De sol'te que pour ne pas ct'ever littéralement de faim, ils se voient contraints de recom·fr à leurs boyards, afin de leur empl'Unter de quoi pOUl'V0ilà' leur subsistance pendant les longs mois de la saison des glaces. Les boyards s'empressent de leur prêter secours, non pas. à condition de recevoir à la moisson la somme prêtée majorée d'inté1·êts à un taux quelconque, mais en forc;ant lcut·s malheurwx débiteurs à travailler tout l'étè prochain pou1· compte de leurs créanciers à raison de 40 à ï0 cent. par jour, jusqu'à l'extinction de la dette. On voit donc bien que la situation économique a changé; il n'y a plus aujourd'hui de solidarité entre boya1'Clset pi!,ysans; le pl'olétariat agl'icole s'est développé à la façon du pt·olétariat iodusti·icl d'Occident, la masse des sans-travail et des meurt-de-faim augmente chaqtrn joui' au bénéfice des exploiteurs. Partout l'on souffre, partout l'on attend les justices socialistes. Le grand mouvement commencé en Angleterre pour la diminution des heures de travail et la diminuLion de la meurtrière exploitation capitaliste se poursuit partout et devient irrésistible. Un jour11al ministériel, le Paris, par la plume d:un sénateur, M. Ranc, disait dernièrement que les capitalistes devaient comprendre que le moment était venu de jeter du lest pour ne pas voir sauter la mactiine. C'est le moment choisi pal' M. Leroy-Beaulieu, toujours implacable devant. lclsmisères ouvrières et que l'Etat paie quinze mille francs par an, pour se faire débiner élu collège de France, pour ca1·actériser comme dans l'Economiste français du 6 juin, le mouvement ouvrier contemporain, première grande affirmation collective du Quatrième Etat. Qu'est-cc donc que le << Quatrième Etat»? C'est le privilège et c·est l'horreur du travail. Il ne faut pas se le dissimuler, il soutlle de tous les coins du monrle un vent de fainéantise sm· la société moderne. C'est tl'ès bien de s'oppose1· aux excès de travail, notamment poul' les enfants et les femmes ; mais prônei· une société ftitul'e où l'homme t1·availlera de moins en moins, c'est se pt'oposei· d'amollir et <l'abêtir la société européenne, de la faire absolument dégénél'et· et <lela rendrn incapahlc de luLtei· confre la concunence asiatique le joui' indétel'miné, mais certai11, où les nations de l'Asie aul'Ont adopté nos arts mécaniques. C'est entendu, les fainéants ce sont ceux qui trouvent des journées d~ 14 à 18 heures t1·op longues et trop peu payées, et les laborieux c'est cette minorité parasite qui vit luxueusement et iniquement du produit du travail des autres. Mettre un peu plus de justice dans les rapports économiqueS', ce serait << abêtir el amollir la société européenne >>. On ne discu le pas
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