114 L,\ REVUE SOCIALISTE rendu plus odieux encore par ses allures mystiques, proclamer que la guerre est èternclle, qu'elle fait partie intég1·,rnte du plan divin des cho es et qu'il est com::ne sacrilège de vouloi1· l'abolir, véritable hlasphèmc, renou vclè <lel'apologiste du bùcl1cr par les apologistes du ca.non, contre la raison, contl'C 1' 0idèal, contre tout cc qui peut l11'étcndl'cau nom de divin, c'est un soulagement de voil'·cctte thè:;c d'un fatalisme pieusement sauvage se hcurtel' ft la protestation indignée du philosophe, interprète des vœux, des cspél'anccs, de:-;dl'oits de l'humanité. M. S0c1·ètan ne se fait pas dïllusion su1· la valeur mème du patriotisme « culte sanguinait·c. dont se détournent les cœurs droits et les esprits &li>vés).) « Les petits veulent la paix, conclut-il ; ils se twdent la main par dessus les frontières et le 1·èta1Jlisscmentdu passepol't obligatoil'e n'y fera pas pas plus que sa suppression ... Les peuples veulent la paix, ils ont clt'oit à la paix. Les pouvoirs collectifs qu'ils entt-etiennent pom· la leu!' garantir ne doivent pas servit' à la rompre. Le droit de conquète est la négation du droit. L'esprit aspire à runité dans tous les domaines ot dans tous l'unitè vraie embrasse et conserve la diversité. Si pàlc qu'en soit encol'e le crèpusculc•, la confédèration uniyerselle dans l'ordre politique est au bout de tous ces effol'ts désintèrcssés; c'est l'état social rèalisé sans contl'adiction; c'est le droit prenant corps en fait ; c'est la civilisation même, et les peuples qui y font obstacle sont les instruments de la barbarie. ,, Restons avec M. Secrétan sur • cette espérance. Ne restons pas cepenùant les bras croisés. Le redressement économique auquel travaillent les socialistes, est le grand inslrumenl de paix; il faul, selon ia formule de n. Malon, semer la justice entre les hommes pour récolter lapaix entre lespeuples. Voilà sur quoi M. .Secrélan, dépassé par les conditions modernes, el :M. G. Belot lui-même, n'insistent pas assez. Nous lisons dans la Societé Nouvelle la suile d'une intéressarlle étude signée Zamfir Filolli el portant ce lilre: la question agraire en Rownanie. L'auteur, après avoir, d'une façon saisissante, analy-,é le régime actuel de la Houmanie, apprécie la situation en ces termes : « Avec cc système le p1·opriétairc mange la valeu1· des instl'urnents et de la semence du paysan. La !'uine de celui-ci, et par conséquent celle de la force productive. rst évidente. L'exploitation des paysans continue toujoul's. Seulement de nos jours les systi•mes sont changés: la classe des exploileul's s·Pst transfol'méc. « Le:; boyards, la classe féodale l1istol'iquc. a disparu : la Révolution de 131:8,en décrPtant la liberté et l'affra11chisseœent des paysans, a décl'Pté l'abolition des IJoyal'ds. " ~lais sur les ruines de cette classe féodale s'est érigée la noLn-clle classe moderne, la bourgeoisie capitaliste, chrétienne et juive. Au temµs des boyai·ds historiques, il y avait possii.Jilité pour le malheul'eux paysan d'implol'er le secours de son malt1'e, de lui expose1· sa situation pt'écaire et di>lui demander réduction ou dispense d'une partie ou de la totalité des coi vées. Le maltre, pat· philanthropie, par désintéres. ement ou bien plutôt parce qu'il avait intérêt à ne voit· dépeuplc1· ses terres, faisait souvent preuve de
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