La Revue socialiste - 1891 - Tome XIV - vol 02

A TRAVERS LA PRESSE 113 ques-uns seulement des gt·antls ltommes qui ont été les agents de son évolution. Elle avorta donc, « faute d'une ~loctt'ine systématique générale et démontrable, susceptible de sul'monte1· toute discus~ion,de s'imposer pat· son évidence mème à tous les esprits prépal'és, de résoudt·e tous les problèmes politiques et toutes les questions d'ol'dl'e social. " Et sous l'impulsion dtt hideux Robespirrre et du monstn1eux Bonaparte. on vit naitre et se développer une rétt-ogradation théologiqu~ qui s·est continuée sous les régime, ultérieut·s y cornpt·is la H.évolutio~ de 1~,48, qui faisait bénit· les ai-bres de la Liberté pat· le clergé, jusqu'à l'avènement de la troisième République.» Nous n'ajouterons rien à ce lumineux exposé de la siLuation morale présente. Il est vrai qu'à la science incombe le grand devoiJ· de donner a11 monde moderne les éh~menLs d'une foi démontrable el d'une éthique commune,et il esl plus vrai encore, que pour èLre digne de colle hauLe mission la science si dure entre les mains ùc 110sspécialisLes éLroits el de nos vivisecLeurs SdllS entrailles, doit elle-nième se 11101·aliserLout J'abord cl selon la jusle exp1·ession du docleur Hille111a11se socialise,·. Voilà dans le domaine inlellecluel tœuvre urgente. M G. Belol, qui dans la Re1111e Philosophique a coUl'loisemenl critiqué le Socialisme intégral de notre rédacteur en chef, analyse ùans le numéro de 111aide la savante revue que Jirige Th. Hi bot le dernier· livre de M. CIL Secrélan : Les D;·oits de t'Hwnanite. Ce livre,ù'ailleurs 1·éaclionnaire au poinl de vue social, est au 11toins lrès explkile contre la guerre, ce que M. Belot fail vivement ressol'lir: La question de la paix domine celle rlu droit puisque, suivant le mot si juste ùe i\l. Sec1·étan << le droit, c'est la paix. » Le principal intél'èt de ce chapitl'e est la manière dont l'auteur met en évidence la solidal'Îté des pl'ublémes sociaux. << Le problème international est subol'donné au problème pohtique et le problème politique inséparable du problème social. La propriétè compte sui' la caserne pour la p1·otége1·contre le socialisme ... Eteignez la haine des classes en établissant l'ham1onie entt·e les facteurs de la pi·oduction et vous n'aurez plus besoin d'armée pour réprimer les troubles à l'intérieur ... Alors la guerre n'étant plus le mêtiel' rie personne, les pat·tisans de la guerre ..... ne pesant plus d'un effort constant sur les conseils, l'antagonisme des intérêts !'lationaux changera de forme, si bien que l'inauguration d'un arbitrage perpétuel deviendra moins iadispensable tout en cessant d'être impossible. L'autem· en conclut que la voie la plus sùl'e pour ar1·ivcr à la paix est rie résoudre le problème social. lll. Secrtitan sait traiter comme il convient le sophisme des défenseu,.s de la guene qui s'efforcent d'en faire l'unique érole du coul'age et de la vertu , comme sïl manquait d'autres occasions plus avouables de courage, d'autt·es applical ions plus utiles de la vertu. Il est possible que la guerre ait été pour l'humanité une école nécessaire, du moins on peut s'efforcer de se consoler d'un mal en considérant les quelques bons résultats qui ont pu en sortfr. Mais ni ces résultats ne peuvent tr"'nsformer le mal en bien s'ils peuvent désormais être atteints autl'ement, ni ces consolations ne nous dispensent de trayail!er à la supression du fléau. Quand on vie.nt d'entendre les représentants très galonnés d'un matérialisme brutal, 8

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