La Revue socialiste - 1891 - Tome XIV - vol 02

112 L.\ RE\TE SOCL\LISTE ne pou,·ait c\trc que part.icl. puisqu'il ne pouvait porter sui· les phénornt'.-ncs sociaux et moraux les plus importants sul,jectivcmcnt. qui demeuraient aln1ndo11nésaull'. explications indcmontral)les de la théolo.!.d. e ctdc la métaplt~·,,,iquc. Et, d'autre part, tant que la science n'était pas rapportée à son \'l'ai pri11- <'ipe, l'Humanité. tant. qu'elle n'était pas SOC'ialiséc.elle restait impuis~antc :'t régler l'adi\'ité, C'HI'.aucune seienC'c spéciale eon~·ue inùepcn<lammcnt de ses relations avec la sociologie et la morale, n'a par elle-même de prop1·il:tés soC'iales. Après avoir faiLhonnE'ur à Augusle Comle de celle concepLion salvatrice, le Dr Hillemann rappelle, avec à-propos, que déjà ùideroL el les encyclopédistes pressenlanL le rôle de la science, el comprcnanL qu'il n'y avait que les vérilés scientifiques qui fussenL c::ipables de rallier les hommes, avaienL poursuivi la régénération ùes opinions par la conslilulion d'une foi démonlrable. Mais, ajoutc-t-il. <''est la Révolution qui fit la première tcntatiYe de construction ù'une nouvelle religion sC'ientifiquc et l111niaine,rn instituant le culte de la ]bison et de la Natm·e. (< Adoration de la te1Tc, noun·ice du genre hu111ain, considérl:c dans son évolution asti·o11omique (les saison:}. C'omme dans ses prorl11its; adoration de l'humanité d'ap1·ès . es attributs les plus élevé;;; le génie, la raison, la yr,rtu. le patriotisme. la ft-ate1·nité, etc·., d'après se.,;meilleurs agents (C'élébration du culte des g1·andshommes au Panthéon, et dans ses phases les plus importantes, re~freintes, il est vi-ai, aux é,·ènernents qui av:1ient amené l'institution ck b, H.c:publique, t<'l fut le rultc de la grande époque 1·é,·olutionnaire. Bien supé1·ieur au nrgativisme de ,·olt'lire et au déisme de Rousse:1u. C'e culte ,·allia autou1· d'un centi·e unique le;; sentiments. les p~nscieset les actes de la génération hél'Oïquc, et par un p1·essentiment arlmirablc de la synth(•se finale, la glol'ifleation de la Raison. symbolisée pal' une femme, pl'éluda inC'ontestalilement à l'idéalisation posith·e de l'Hum·rnité, quoiqu'on eùt rhoisi p11·rni ses attributs, pout· la qualifîer, le plus abstrait et le plus inrlivirluel. » (lntro<lnction à l'essai sui· la pl'i('re de J. Loncl1ampt}. Cette tentative s111l·aq•1clle les C'atltoliques ont risq11é tant de plaisanteries drplaeérs (comme si des gens qui croient m tng,'1' d11COl'JlSde 1<'111D·ieu en mangeant une ronrlPlle rlc pain a1,~·meet hoil'e il<' son sang rn htl\·ant dtt vin. avaier.t le droit rlr sr moqu<'l' d'aurunc cro~·,rn1'e, d'aur11ne pratiqut• 1·eligieuses). fut en réalité une grande tentativr qui prouve que nos prrrs avaient " le sentiment t1·ès prononcé rie la nécessite<d'un lien intellcduel et moral, ou 1·eligieux. en dehors des moyens politiques, pour as,rnrer le concou1·s des sentiments, ries pensées et des act.es individuels. et qu'ils a,·aient compris la vétusté de la théologie ... ; rlle a signalé unr nfrc,-sité so,·ialr, fondamentale· marqu(: le but le plus c:1c,·é rie l'ébranlement révolutionnai1·c, pre,-,sPnti le raradèt'e positif, ltumain, de la grande syntht'>se qui doit tPrrnincr la révolution c·ommcnrée en ùccidcnt il y a plus de six si(•clC's. l't OllVl'l'l la ·voir ft l'institution de la religion démontl'l:e. ,, Toutefois, la tentative 1·eligieusc de la RPvolution était trop p1·<irnatu1·ée pour n'ètre pas tr(ls impal'faitr; son rlog-rne l'Pstait t'o1·cément incnmplet en l'absence de la Sociologie et rie la i\Io1·ale positive qui n'c{taient enco1·equ'ébauchées; son culte était borné à l'un des attributs intellectuels de l'Humanité, et faute de la théorie de la filiation historique, demcurnit restreint à quel-

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