104. LA REVUE SOCIALISTB Une caisse de retraite pour les ouvriers Il peut plairé aux journaux de la réaction belge - et c'est un de Jeurs dadas favoris - de combattre l'avèn.,.mcnt du suffrage universel en Belgique parce qu'il n'a, d'aprcs ces bons apôtres, rien cgalisc, ni rien amclioré en Fra1Jce. Chaque jour, cependant, on a pu le constate1· facilement en ces derniers temps, <lans les pays où règue l'cgalité politique entre c;itoyens, une évolution vers la démocratie se dessine de plus en plus. Aujourd'hui les journaux français ue parlent plus que de l'intéreasant projet qui vient rl'être claboré par un des ministres de la République, un des chefs du gouvernement qui fut le plus justement attaqué par la presse socialiste et dcmocratique, r-.I. Constans. Il s'agit <lu projet qui concerne les ouvriers et leur caisse <le retraite. Ce projet sera fort coùteux. Aussi est-il c1·itiqué, faiblement, par une péirtie de la presse, il l'est même par <les journaux radicaux, organes de ces tristes politiciens qui inventcrcnt Boulanger et ne surent jamais prendre 1•ésolumcnt position dans n'importe quelle question sociale. lm perturbablement, Je ministre de l'intérieur, d'accord avec son collègue des finances, ne s'est pas laissé arrêter par les criailleries de ceux qui disaient qu'une telle innovation allait coùter des sommes folles au Trésor public. Il s'est dit, sans doute, qu'il est des sacrifice3 qu'il faut savoir s'imposer pour Je bien <les ouvriers et l'amclioration de leur sort et il a fait approuver par le gouvernement. son projet qui a dù être soumis vendredi à la Chambre. Nous avons deja parlé du projet Constans: il s'agit de permettre au travailleur de s'assurer une retraite à l'aide de prélèvement!- quotidiens sur son salaire et de paiements faits par les patrons et l'Etat. En rnici les grandes lignes: Le versement volontaire de l'ouvrier sera accompagné d'un vP.rsement i·:;al imposé au patron par la loi; l'Etat sera obligé par la même loi de Yerser une subvention égale aux deux tiers de celles de l'ouvrier et du patrou rcunies. Par ce système, le projet arrive. â constituer à chaque ouvrier assuré, après trente ans de Yersements, une pension de 300 fran.::s au minimun et de 600 francs au maximum. En principe, l'ounier sera présume faire les versements, j moins qu'il n'ait fait une déclaration contraire <levant le maire Je sa commune. Les versements se feront sous forme de p1·élévemcnts quotidiens sur le salaire de l'ouvrier, prclèvements variant de ;:; centimes au minin,um à 10 c·cotimes au maximum. Le vcrsen,ent du patron sera égal à celui de l'ouvrier, et. celui de l'Etat égal aux deux tiers des deux versements réunis. !!.ri comptant sur une moyenne de 2\:J0jours de travail par an, c'est-à-<lirc abstraction faitt! <leschômages forces, l'ouvrier versera de H fr. à 28 fr. par an, suivant que le vcrsêrnent quotidien varier;, <le 3 à 10 centimes. Avec la contribution du patron et celle de l'Etat, l'ounier aura droit, apres treute ans, a uue pension de 300 francs dans le premier cas, à une pension de 600 francs dans Je second cas. Pour être admis au bcnéfice de la loi, il faudra ~tre Français et [1gé de vingt-cinq ans, et gagner un salaire a1111uelne dépassant pas 3,000 francs. L'o111·rier pourra néanmoins faire des versements antérieurement â l'âge de vingt-cinq ans; mais ces versements feront l'objët d'une liquidation spéciale. Par contre, l'ouvrier qui, par chômage, maladie, ou toute autre cause légitime aurait suspendu ses versements pendant cinq ans, sera admis à les rcprendr~
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==