~!OUVE.MENTSOCIAL EN FRANCE ET A L0ETR.-\KGER 105 sans être dcchu du droit à la pension, mais à la condition que le service de cette pension sera reporté à cinq annces plus tard. Dans son projet, le ministre envisage tous les cas où l'ouvrier peut tirer arnntage de sa pension de retraite. Que l'ouvrier qtri s'assure de ::lOO à tiOO fr. de retraite, par exemple, veuille réserver son capital et faire une assurance en cas de décés: ' La résene du capital, à l'expiration des trente ans, exigera naturellement un supplément ùe Yersement à la charge de l'ouvrier; mais si celui-ci, au lieu de résel'Ver son capital, veut s'assurer pour le cas de dccès de façon à garanti1· un c.:apital déterminé à ses ayants-druit, l'Etat prendra à sa charge le supplcment de prime résultant de cette assurance. De sorte que le projet de loi assure à l'ouvrier le double bénéfice de la pension de retraite en cas de survie et de l'assurance pour les ayants-droit en cas de déci!s. Si l'ouvrier s'est assuré pendant un certain temps et qu'il ne puisse continuer ses versements pour des causes diverses, une pension de secours lui sera faite avec le produit des sommes déjà versées, complétées par les dons, les legs et la contdbution imposée aux patrons de dix centimes par jour et par ouvrier de nationalité titrangère employé chez lui. Le pro.jet régie avec détail l'application de cette loi nouvelle dont la portée ne saurait échapper à personne. Les charges qui pèseront sur l'Etat seront assez fortes - on parle de plus de lOO millions par au au bout dè trente années d'exercice du projet - □ais le gouvernement estime qu'il remplit un dernir et que les dépenses qu'entraînera l'exécution Lie la loi sont d'intérH social, qu'il est juste que les prolêtaires soient assures contre Jes besoins de l'existence lorsque la ùeiJlesse les a rendus im,ptes au travail. C'est là une noble pensêe. Aux cléricaux et aux doctrinaires de chez nous, qui ue veulent pas que l'ouvrier soit électeur en Belgique et qui pour êgarer le travailleur sur la haute podée de cette reforme disent saus cesse: ccVoyez en . France!», nous répondons qu'on peut comparer et juger combien l'cvolution ,·ers les solutions socialistes est et deviendra sans cesse plus profonde en France. Il n'existe plus dans la République française un seul privilége en matière militaire; l'instruction des enfants du peuple fait chaque jour, même dans le plus h·umble village, des progrès étonnants ; les salaires des ouvriers sont partout plus élevés et les producteurs sont traités avec plus de bienveillance par le patronat; il y exist~ des délégués mineurs nommés par les ouvriers et .ippointés p.ir le gouvernement; il y a une loi protégeant les syndicats ouvriers et une autre votée par la Chambre qni punit le patron portant atteinte à la liberté d'association; il y a aussi une loi sur la durée maximum Liu travail pour les hommes et enfin une autre loi en fayeur de la vieillesse va être adoptée. Quant aux mœurs politiques, on a eu un exemple tout rccent et ·qui a fait impression. On a vu, en Belgique, 150,000 hommas faire grève dans un ordre admirable et s'imposer trois semaines de la plus noire misère pour justifier leur droit à être des citoyens belges. Ce spectacle n'a éveillé que des sentiments de haine et de calomnie parmi la presse cléricale et doctrinaire. Ces 150,000 ouvriers, on les a traitès en bêt.es féroces et en repris de justice; comme tels on emprisonnait et on torturait rla mille manieres leurs défenseurs. On a ,•u, en !!'rance, la grél"e des conducteurs d'omnibus accueillie :wec faveur par la presse de toute nuance, qui a même versé des souscriptions de 20,000 francs dans la caisse des grévistes.
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