76 LA REVUl, SOCIALISTE rative ne dépasse lo rayon de quelques intérêts particuliers. L'assurance universelle, c'est là une trop lourde tâche pour l'init iative individuelle dans une société hérissée de tant d'inégalités, ob scurée d,. tant d'ignorance; où l'influence du pain quotidien et l'insé curité du lendemain est le triste lot du plus grand nombre: l'assui-a nce eat tm serl'ice d'ot·dre social, il n'y peut être pourvu que socialement. 5° Quant aux coalitions, seule arme du prolétariat, elles sont, en somme, avantageuses; mais elles gagneraient à être organisées intercorporativement pour être toujours conformes à la justice et aux intérêts bien entendus de la classa ouvrière. En tous cas, el les ne sont qu'un phénomène du salariat, et le but - auquel el les ne peuvent contribuer directement - doit être l'abolition du sa lariat. G• Toutes les formes coopératives, y compris les cooalitions, ont cet avantage général de faire l'éducation administrative du p rolétariat et le rendre plus apte aux revendications d'ordre politi que et social. 7• Un des grands torts des coopérateurs a été de s'enfermer dans le cercle étroit de l'Aicle-toi exclusif, qui ne saurait à lui seul avoir raison de l'ignorance, des iniquités ot do la misère; mais non moins grave a été le tort des socialistes do rabaisser et de combattre même les tentatives coopératives. De même que seule l'initiative individuelle serait impuissante, l'action plus puissante des po uvoirs publics ne pourra être véritablement bienfaisante que si e lle est secondée par les libres efforts collectifs d'un prolétariat fami liarisé avec les difficultés administratives des organisations politiq ues et économiques. A ce titre, véritable école de pratique industrielle et commerc iale, la coopération qui se débarrasse de plus en plus de l'exclusi visme premier est une excellente préparation aux réformes sociales qu'il s'agit d'arracher aux 11ouvoirspublics. En un mot, coopérateurs et socialistes sont des militants de la même œuvre novatrice et jusLicière, les travaux des uns, les lutt es des autres se complètent mutuellement, et leur union hâterait le jour, désiré par tous, de l'émancipation humaine. Pleinement donc nous nous rallions à cet appel adressé aux socialistes par Louis Bertrand, qui en même temps qu'un des me illeurs vulgarisateurs du collectivisme, est un coopérateur pratiquan t (lJ- « A l'œuvro donc, camarades, à l'œuvro ! Que l'hiver qui approche vous trouve tous debout. pour combattre lo bon combat. N'o ubliez jamais que toute société coopéi-ative nouvelle est un jalon d e plus posé pour la société de l'avenir, celle que nous rêvons, fa ite de (1) Louis 13E1tTRANll : La Coopération, 1ea aoanta9e1, son aoenir.
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