La Revue socialiste - 1891 - Tome XIII - vol 01

HEITE DES Lllï{ES iül Comme les athées, les uudhistcs n'admettent pas la faculté d'arbitrage, le choix entre deux possibilités d'acti,in, cc n'est qu'une apparence. chacune des opérations de l'~tre étant motil'ée en réalité, par de multiple, enchainements de causes. I.e budhiste ne croit à nulle rél'élation, à nulle grâce, il ne table sur l'aide d"autl'Ui que pour les U'UHes qui c:-.igent l'assentiment de la colll'clil'ité .. \ussi. dit ~I. Chaboseau « le budhistc conscient est-il une éne,·gie l'i\'antr, d'autant mieux que son éducation asiati11uc, bien e1oins pi-dantc,1ue la nùtre. le laisse li lire, ferme et calme.,. Lcs bases de la morale budhi,1ue sont amour - détachement - Justice. :'.\ullc pri~re, nulle offrande. nul sacrifice ne peut détruire le mal qu'on a fait. nul être ne dominant l'homme, l'arbitraire ne présidant pas plus à l'ordre uni,·crsel que le hasard. Dans le Xè\.• chapitre « le budhismc au point de l'UC social ,. .M. Chabo,cau traite un côté de la philosophie budhiqu,, qui nous intéresse particuli~remcnt. Cette philosophie proclame la prépondérance de la rnlonté sur toutes les autres facultés humaines. ~lais contre la nature ~laya, une seule ,·olonté demeure impuissante, d'où la nécessiti• d'une volonté collccti,e. Pou,· cela il y a une éducation des l'olontés inJi,·iduelles à fai,·c. L'érnlution ,cul être aidé,,. non précipitée. La paternité ,eut ètre conS<•ntie. non impo,ée. ba,ée sur l'affinité pure. L,• Buddha a cxpressém,•nt recommnndi• de ne pas instruire la femme moins que 1110111111,'. J.c lrndhisme n'admet pas les c..stes. li rejette la peine d,, mort, la f!'Uerre; il prêche le 1i'gétarisme et la crémation. M. Augustin Chahoseau a accompli, il nous semble, non seulement une œune d"érudition louable. mais une excellente action. Bien <1uc parfois un peu trop technique, son essai sur la philosophie budhique. apporte sur cette question si intéressante une , i,c lumière, et certes, de telles doctrines méritent d'ètrc examinées; clics sont trop marquées d'une supérieure intellectualité pour qu·on les dédaigne. Est-ce i~ dire que nous dcdons nous con\'ertir absolumen-t aux théories des fidèles du solitaire des Cakyas? Cc serait aller un peu trop loin. JI n'est pas plus nécessaire de réno,cr le budhisme «1ue le christianisme, et pour ma part je ne souscris pas entii'rement à la conclusion de 1\1. Augustin Chabo;eau, qui aflîrme que la génération à venir accordera en une S}·mphonie sublime < la science, la philosophie et la religion ,. . Le troisième terme de cette proposition me pamlt inutile. L'Instituteur, SHlliE, éditeur ~I. Théodore Chê1e a dépeint, dan~ cc roman, son œul're de début. un milieu où il a l'écu, dont il a souffert. Cette œuHC a son importance sociale. c'est un document. Le liHe de l\l. Chèic est sincère, c\•st moin$ un roman qu'une sorte d'autobiographie. l:nc fois de plus, nous obtenons la prcure qu'une réforme totale des méthode.~ d'éducation est nécessaire. urgente. Les maitres aussi souffrent des réglementations actuelles, et si tous ne se -plaignent pas, c'est que beaucoup, - obéissant à des considé-

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