La Revue socialiste - 1891 - Tome XIII - vol 01

î12 L.\ RE\"UE SOCIALISTE Et, entr'autrcs réalisations, la mise en pratique de cc programme tracé à la Chambre des députés vers la fin de la séance désormais historique du 4 mai par le ministre des affaires étrangères: « Je ne veux pas, disait M. Ribot, examiner ce qu'il peut y « avoir de sérieux, d'immédiatcmcnt réalisable dans cette idée « d'une législation internationale du Travail qui a été maintes « fois mise en avant dans ces derniers temps et à Jaquelle faisait « allusion encore tout récemment le président du conseil d"une << grande nation voisine. L"unité de législation se fait peu à peu « d'rllc-mème, parce que, à mesure qu'un progrès s'accornplit « dans un pays, les autres pays, qu'ils le veuillent ou non, sont ~ obligés de !"accepter. Mais le moyeu Ir plus sûr, le plus rapide << de la réaliser est-il de provoquer des congrès, des conférences « internationales? ~·est-il pas au contraire de prendre résolu- « ment la tète du progrès ?... >> En effet: si, par exemple, la journée de huit heures était adoptée en France, elle le serait rapidement à !'Etranger, parce que les mesures d"ordre économique et social ont de plus en plus, pat· la force des choses, un caractère international. Et que ron ne Yienne pas dire que ce n'est pas à nous de donner le signal, de faire l'expérience pour les autres, que nous serions d"étcrncls et incor!·igibles Dou Quichottes, toujours généreux et toujours dupes. D'abord uo11s dcvo11s bien cela à nos traditions de chevalerie révolutionnaire. Puis dans la politique socialiste, bien loin que nous ayons il craindrr d'être dupes de !'Etranger au point de vue national, c'est nous, au contraire, Français, qui tenons le bon bout. Lrt rdfo,·,ne lie l'i,npôt.- c Je ne m'y oppose pas», déclare malicieusement le ministère, qui en effet ne s·y oppose pas, mais n'y collabore pas non pluR. Il se contente d'aider nos honorables à faire !"honneur ù tous les projets de réforme générale de l'impùt de les laisser dormir dans les cartons. A présent que va-t-il sortir de la proposition Barodet et du projet complet et simple ell ses grandes lignes déposé par M. Maujan? Ya-t-011 enfin refondre un système dïmpùts que personne n'ose défendre franchement et qui ne se maintient plus que par la force d'inertie? Ya-t-on introduire un peu de justice dans notre rl•gimc fiscal vieilli et archi-usé. ~1. Barodet demande: 1° la suppression de l'Mrédité en ligne collatérale; 2° l'attribution à l'Etat de toute succession ab intestat; 3° la cession ù des conditions de payement par annuités aux plus pauvres familles de cultivateurs et d'ouvriers comme aussi aux syndicats ou associations d'ouvriers et d'employés

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==